INTERVIEW. Fort utile, le paiement fractionné, qui permet de régler un achat en plusieurs fois, comporte également des risques. Kevin Ohana, fondateur de l'application Joe, visant à "redonner du pouvoir d'achat", nous indique les bienfaits et les limites de ce nouvel usage.
Paiement fractionné : réel avantage ou arnaque ?IllustrationIstock
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Le paiement fractionné séduit de plus en plus les Français. Selon un sondage OpinionWay réalisé pour Floa Bank (ex-Banque Casino) et publié le 1er juin dernier, 31% des Français ont eu recours au paiement en plusieurs fois au cours des douze derniers mois. C’est 6 points de plus qu'en 2020. D’autre part, l’intérêt croissant pour le paiement différé se confirme aussi. Environ 25% des Français ont utilisé ce procédé qui permet de régler un achat 14 ou 30 jours après. "Cela confirme ce qu'on pensait et ressentait sur le marché. Le paiement fractionné est rentré dans les mœurs pendant l'année 2020 et début 2021", indique Marc Lanvin, directeur général délégué de Floa Bank. Dans le détail, les Français se sont servis du paiement 3x4x pour environ quatre achats en ligne ou en magasin. Côté dépenses, près de 2 Français sur 3 l'utilisent pour des montants inférieurs à 500 euros.

Or, si ce service peut être utile pour étaler des paiements et ne pas être à court de trésorerie, utilisé trop fréquemment, le paiement fractionné peut s’avérer dangereux.

Paiement fractionné : "Gare au surendettement" !

Tout comme le paiement différé (qui permet d’acheter maintenant et de payer plus tard) le paiement fractionné est une modalité de crédit qui diffère du crédit à la consommation. Il n’entre donc pas sous les radars de la loi Lagarde, et est ainsi beaucoup moins encadré. "Ce sont en effet des crédits de petits montants ou qui ont une durée inférieure à 90 jours", nous explique Kevin Ohana, fondateur de l’application Joe. C’est la raison pour laquelle il représente "un vrai sujet de préoccupation. Mais la réforme du paiement fractionné pour mieux protéger le consommateur doit se faire dans le cadre de la révision de la directive européenne (sur le crédit à la consommation, NDLR) et notre objectif est que cette directive permettant un meilleur encadrement du paiement fractionné soit adoptée sous la présidence française de l'Union européenne (qui doit commencer au 1er janvier 2022 pour six mois, NDLR)", a récemment indiqué Bruno Le Maire.

Ce business en plein essor, peut donc être dangereux pour certains profils. "Très facile d’accès, le paiement fractionné, généralement lié aux marchands et ensuite proposé aux consommateurs, peut pousser à la surconsommation", prévient Kevin Ohana. "La question de la solvabilité du consommateur est aussi préoccupante. Car, dans la plupart des cas, seule votre identité est demandée par les commerçants. L’analyse du risque est très sommaire", détaille-t-il. "Quant au montant, il n’y a pas vraiment de minimum ni de maximum. Étant donné qu’il n’existe pas de limite réglementaire, c’est l’organisme de crédit qui fixe les règles", prévient-il.

Autre problème, le consommateur n’a pas de visibilité en temps réel sur les différents dossiers de paiement fractionné qu’il a mis en place. C’est l’une des raisons qui a poussé Kevin Ohana à créer en février 2021, une application de paiement fractionné BtoC totalement indépendante, directement liée aux consommateurs : Joe. Comment fonctionne-t-elle ?

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