Il est possible de vivre sans être bancarisé, mais ce surcroît de liberté vous compliquera un peu la vie au quotidien

Vous estimez que vos économies sont plus à l’abri sous votre matelas que dans les coffres d’une banque ? Vous refusez qu’une banque fasse travailler l’argent déposé sur votre compte courant à son profit alors qu’elle ne vous verse pas un kopeck et que ses services coûtent de plus en plus cher ? Alors, libérez-vous de vos chaines financières !

Vivre sans compte bancaire est possible. Le principal obstacle au fait de vivre "débancarisé" est lié à la rémunération d’une activité salariée : elle doit être payée par chèque ou virement si son montant excède 1 500 euros net/mois.

Pour le reste, pas de problème de fonds : détenir un compte bancaire est un droit, mais pas un devoir. Fin 2009, selon une enquête du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Crédoc), environ 0,70% de la population française n’était pas bancarisée.

Cette tranche de la population ne compte pas que des irréductibles puisqu’elle comprend aussi des millions d’enfants et d’adolescents trop jeunes pour détenir un chéquier ainsi que les SDF et des adultes séjournant sur le territoire français en situation irrégulière.

A certaines exceptions près - les retraites, les aides de la CNAM et les indemnités chômage ne peuvent notamment pas être versées en espèces - vivre hors du système bancaire implique de se montrer prévoyant.

Côté entrée financière, un salaire d’un montant égal ou inférieur à 1500 euros, peut être payé en espèces. Une personne cumulant plusieurs jobs peut donc gagner sa vie en évitant les virements et autres chèques barrés. Si les prestations sociales et remboursements de frais médicaux nécessitent d’être bancarisé le code de la sécurité sociale (article R 362.1) donne la possibilité à un allocataire de percevoir ses remboursements à travers le compte bancaire d’un tiers. Cette procédure requiert un accord de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie, mais elle est possible (les fraudes éventuelles sont passibles d'amende et/ou d'emprisonnement).

Côté dépense, le montant d’un paiement en espèces entre particuliers (achat d'une voiture ou d'un tableau par exemple) n'est pas limité. Sans compte bancaire, il sera en revanche impossible de rouler dans un véhicule neuf ou de s’offrir un objet dont la valeur excède 1000 euros, somme au-delà de laquelle les commerçants doivent être payés par opération bancaire.

Pour un besoin ponctuel, il sera toutefois possible de recourir à la location. Si l’achat d’un mobile ne pose pas de problème, la majorité des fournisseurs subordonnent la délivrance d’un abonnement à la fourniture d’un RIB. Dans la plupart des cas, la solution consistera à acheter des cartes prépayées.

Au quotidien, pas de problème pour payer ses notes de restaurants en liquide, les dépenses courantes, voire même le loyer qui peut (théoriquement) être payé en cash (remise d’une quittance de loyer obligatoire). La donne se complique pour le gaz et l’électricité. Si GDF accepte que ses clients le règle en espèces, EDF le refuse. Recours possible : utiliser un titre interbancaire de paiement. A certaines conditions, il permet d’acquitter une facture indirectement, via un prélèvement sur le compte bancaire d’un proche (le RIB du compte doit être communiqué au fournisseur).

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Avec les impôts, la liberté est toujours surveillée : la somme maximale que le percepteur peut accepter en liquide est limitée à 300 euros si le montant ne dépasse pas 2000 euros. Au-delà de ce montant, l’impôt doit être payé en ligne ou par prélèvements automatiques.

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mots-clés : Carte bancaire, Banque

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