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L'épidémie de coronavirus et la crainte d'être contaminé à l'étranger n'arrangent pas les affaires du secteur aérien : le nombre de passagers diminue à vue d'œil. Pourtant des avions presque vides décollent quand même un peu partout dans le monde. Quelles en sont les raisons ?
Pourquoi les avions continuent-ils de voler sans passagers ?Tous les jours des avions décollent sans être remplisIstock

Le trafic aérien bat de l’aile. La récente épidémie de coronavirus Covid-19 handicape grandement l’aviation. S'il y a de moins en moins de voyageurs, malgré tout, des vols sont maintenus. La peur du virus pousse bon nombre de voyageurs à abandonner, volontairement ou contraints, leur projet de déplacement, explique Le Parisien. Annuler certains vols pour mieux répartir les passagers sur un nombre d’avions réduits, serait alors une bonne solution tant sur le plan économique, que sur le plan écologique.

Des mesures qui contraignent les compagnies aériennes

Malheureusement, pour certaines compagnies, ne pas voler peut coûter plus cher à plus long terme que d’adapter son trafic aérien. Une règle simple mais difficile, voire impossible à contourner, enlève d'ailleurs toute marge de manœuvre : celle du "use it or lose it" (traduit grossièrement en "tu t’en sers ou tu le perds"), informe France Inter. Pour comprendre cette mesure, il faut savoir que les aéroports sont soumis au contrôle d'une organisation mondiale, l'Iata (association internationale du transport aérien), basée à Montréal.

Depuis 1974, elle développe des règles qui uniformisent le mode de fonctionnement des aéroports à travers le monde. Chaque aéroport est divisé en trois catégories, selon son niveau d’engorgement (presque inexistant, habituel ou fréquent). Les plus grands aéroports rassemblent, évidemment, le plus de monde, et sont donc situés dans la troisième catégorie, celle des sites où la demande de créneaux d'accueil est supérieure à l’offre. En France, les aéroports de Lyon, Nice et les deux de Paris sont dans cette case.

Dans ces cas-là, un coordinateur est chargé de superviser le trafic, en attribuant des créneaux à chaque compagnie pour faire décoller et atterrir leurs avions. Ces créneaux sont très limités, à tel point que si une compagnie utilise moins de 80% de ceux qui lui sont attribués, elle les perd la saison suivante. Si cela venait à arriver, ce serait une catastrophe économique pour des transporteurs qui enregistrent déjà une baisse drastique de leurs ventes de billets. Pour éviter ce scénario, les aéroports sont donc amenés à faire voler leurs avions même s'il n'y a aucun intérêt apparent à le faire.

Une règle qui ne peut pas être transgressée facilement

Pour les coordinateurs, l’Iata ou les compagnies, la solution serait tout simplement de faire abstraction de cette mesure, le temps que l’épidémie de coronavirus Covid-19 soit maîtrisée et que la situation revienne à la normale. Mais c’est bien ce virus exceptionnel qui pose problème. Personne n’a pensé à prévoir un dispositif d’exception en cas de crise mondiale comme celle du coronavirus.

Même si l'association mondiale du transport aérien décidait d'assouplir ses règles, elle ne serait pas suivie immédiatement. Pour que les coordinateurs européens puissent répercuter des dérogations aux principes d'attribution des créneaux, il faudrait que Bruxelles l'autorise, avec l'aval du Conseil et du Parlement européen. Une démarche qui prendrait beaucoup de temps.

Les compagnies sont donc pieds et poings liés. Néanmoins, certaines commencent déjà à agir. Par exemple, Air France assure une régulation des vols pour "s’adapter à la situation nouvelle".

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