Notre-Dame-de-Bétharram : fermeture de l'école après 200 plaintes pour abus
La décision était attendue, elle est désormais irrévocable, rapporte Le Parisien. Après plusieurs jours de flou et de déclarations contradictoires, le Secrétariat général de l'Enseignement catholique (SGEC) a mis fin aux spéculations ce lundi : le collège et l'internat de Lestelle-Bétharram (Pyrénées-Atlantiques) fermeront définitivement leurs portes. Cette mesure radicale intervient alors que l'établissement est au centre d'une affaire tentaculaire, révélant des décennies de violences physiques et sexuelles.
Au cœur de la tourmente, cette fermeture marque une rupture symbolique forte avec un lieu que l'institution elle-même qualifie désormais de site "qui blesse." Voici ce qu'il faut savoir sur les modalités de cette décision et l'avenir des élèves concernés.
Un transfert vers Igon pour la prochaine rentrée
Pour les familles, la priorité est désormais logistique. L'Enseignement catholique a validé le transfert des élèves de Bétharram vers Igon, sur le site voisin du Beau Rameau situé à seulement 4,3 kilomètres. Cette opération concerne directement les 167 collégiens actuellement scolarisés, ainsi qu'une dizaine d'internes. Dès la rentrée de septembre 2026, ces élèves poursuivront leur scolarité dans ces nouveaux locaux, loin des murs désormais associés au scandale.
Cette réorganisation a un coût significatif. Il faudra aménager les infrastructures d'Igon, notamment les équipements sportifs et la cuisine centrale, pour accueillir ce flux d'élèves. La facture totale est estimée à 2,5 millions d'euros, une somme nécessaire pour gérer les conséquences de la fermeture du collège sur les élèves et assurer leur accueil dans des conditions dignes.
Plus de 200 plaintes et un lourd passif
Cette fermeture n'est pas une simple restructuration administrative, mais la conséquence directe de "l'affaire Bétharram" dont a découlé plus de 200 plaintes. Les témoignages, qui affluent depuis plusieurs mois, décrivent un système de violences physiques et d'abus sexuels perpétrés entre la fin des années 1950 et les années 2010. Si la majorité des faits dénoncés sont prescrits, une enquête judiciaire est ouverte depuis 2024 pour faire la lumière sur ce dossier, comme le rappelle Le Parisien.
Face à l'ampleur du désastre, la fermeture s'est imposée comme une nécessité morale. Guillaume Prévost, délégué général du SGEC, a reconnu "l'immense responsabilité" de l'institution. "Nous souhaitons fermer le site, c’est notre objectif, mais pas dans n’importe quelles conditions", avait-il précisé, soulignant la volonté de prendre une décision qui soit à la fois respectueuse des victimes et protectrice pour les élèves actuels. Voici l'extrait d'un communiqué cité par Tribune Chrétienne : "Notre pensée est pour celles et ceux dont la souffrance dure, et continue de durer. Les personnes victimes ont été blessées, trompées et abusées dans la confiance même qu’elles accordaient à des adultes et à des institutions qui avaient le devoir de les protéger. Cette trahison est un crime. L’enseignement catholique entend assumer toute sa responsabilité : pour le passé, pour le présent et pour l’avenir."
L'avenir du site et la restauration de la confiance
Une question demeure : que deviendront les bâtiments historiques ? L'avenir du site de Lestelle-Bétharram après la fermeture reste incertain. Appartenant à la congrégation des Pères de Bétharram, ces locaux ne doivent pas devenir une friche, selon les vœux des acteurs locaux rapportés par La République des Pyrénées. Des pistes de reconversion sont à l'étude, notamment en lien avec la maison de retraite voisine ou pour d'autres usages sociaux, afin de tourner la page sans effacer la mémoire des lieux.
Au-delà de la gestion immobilière, l'urgence est aussi institutionnelle. En réponse à ce drame, une mission du SGEC pour rétablir la confiance dans les établissements a été lancée. Elle vise à instaurer une culture de vigilance accrue et à sécuriser la relation éducative, pour que de tels agissements ne puissent plus jamais se reproduire sous le sceau de l'école catholique.
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