Mattel lance sa première poupée atteinte d'autisme
C’est une petite révolution dans les rayons de jouets qui s'opère ce début d'année 2026. Après avoir introduit des modèles porteurs de trisomie 21, équipés de prothèses auditives ou en fauteuil roulant, le géant américain Mattel étoffe sa célèbre gamme Barbie Fashionistas. Avec toujours le même objectif : permettre à davantage d'enfants de se retrouver dans leurs jouets tout en sensibilisant les autres à la différence.
Cette initiative ne se limite pas à un simple coup marketing, mais résulte d'une démarche de fond pour représenter la neurodiversité avec justesse. Jamie Cygielman, directrice mondiale des poupées chez Mattel, l'a rappelé lors du lancement : "Chaque enfant mérite de se reconnaître en Barbie".
Une représentation authentique grâce à l'expertise associative
Pour éviter les stéréotypes et garantir le réalisme de cette première poupée atteinte d'autisme, le fabricant n'a rien laissé au hasard. La conception est le fruit d'une collaboration étroite de plus de 18 mois avec l'Autistic Self Advocacy Network (ASAN), révèle TF1. Cette organisation américaine, "dirigée par et pour des personnes autistes", a guidé les équipes créatives à chaque étape du processus.
Le rôle de l'ASAN dans la création de cette poupée Barbie a été déterminant pour valider des choix esthétiques et comportementaux précis. L'ambition commune était d'offrir une représentation "authentique et joyeuse" des expériences de vie liées à ce trouble neurodéveloppemental, loin des clichés parfois véhiculés par les médias.
Des particularités physiques et sensorielles spécifiques
Ce nouveau modèle se distingue par des détails subtils mais significatifs pour les familles concernées. Contrairement au regard direct classique de la poupée iconique, celle-ci arbore un regard légèrement décalé, reflétant la difficulté que peuvent avoir certaines personnes autistes à soutenir un contact visuel.
Le corps de la poupée a également été repensé. Il dispose d'articulations mobiles aux coudes et aux poignets, une caractéristique technique pensée pour permettre de reproduire le stimming (ou autostimulation), ces mouvements répétitifs comme les battements de mains qui aident à la régulation émotionnelle. Côté vestimentaire, la simplicité prime avec des matières douces et sans contrastes agressifs pour respecter les sensibilités sensorielles.
Les accessoires de cette Barbie démontrent une volonté pédagogique forte :
- un casque antibruit rose, indispensable pour de nombreux enfants hypersensibles aux sons environnants ;
- un fidget spinner fonctionnel, outil classique pour favoriser la concentration et apaiser le stress ;
- une tablette de communication, représentant les dispositifs d'aide à la communication (CAA) utilisés par les personnes non verbales.
Un jouet vecteur d'empathie et d'inclusion
Au-delà du jeu, cette poupée Barbie Fashionistas véhicule une mission sociale. Pour les enfants concernés, l'impact psychologique est immédiat. "Cette Barbie autiste me donne réellement le sentiment d'être vue et entendue", a confié l'entrepreneure autiste Madison Marilla, citée par SSBCrack. Se voir représenté positivement est un levier puissant pour la confiance en soi.
Pour les enfants neurotypiques, ce jouet devient un support de discussion. Les caractéristiques de la Barbie pour stimuler l'empathie permettent aux parents d'expliquer simplement la différence, favorisant ainsi l'acceptation dès le plus jeune âge. L'initiative s'accompagne d'ailleurs d'une action solidaire, puisque Mattel a annoncé le don de plus de 1 000 poupées à des hôpitaux pédiatriques spécialisés.