Les voyous devenus héros

Le 27 octobre 2015, deux voyous sont devenus des héros avec l'accord du ministre de la Ville et du maire de la ville concernée.

Rappelons d'abord les faits. Le 27 octobre 2005, Zyed Benna et Bouna Traoré, poursuivis par la police, se réfugient dans un transformateur : mortellement touchés par un arc électrique, ils meurent peu après. Le transformateur tombe en panne. La réaction de certaines banlieues est violente : trois semaines d'émeutes, de nombreuses voitures incendiées.
La justice, à juste titre, s'empare du dossier. Après une longue et minutieuse enquête, les deux policiers mis en cause sont relaxés. La seule pièce à charge était une phrase banale que n'importe quel citoyen aurait pu formuler dans de telles circonstances.

Certes, la mort de deux jeunes, probablement pas plus turbulents que d'autres, est triste et je respecte la douleur des familles et des proches. Je comprends que leur cité ait jugé bon de "faire le deuil" dix ans après.

Mais, selon moi, cette célébration a été instrumentalisée de façon inopportune. Une allée a désormais le nom de ces deux jeunes : ceux-ci deviennent ainsi des références. Cette allée conduit à un collège : ce sont donc des centaines d'autres jeunes auxquels on va rappeler, chaque jour, que mourir en étant poursuivi par la police est un acte d'héroïsme. Certains imams en feront peut-être un acte de djihad.

Le maire de la ville où a eu lieu le drame ainsi que le ministre de la Ville, et donc en charge des banlieues, étaient là pour cautionner ce nouvel ordre moral. Il est bien évident que ce geste politique – les mauvaises langues diront politicien – a eu l'aval des plus hautes autorités du pouvoir en place.

Dans notre enfance, le respect du gendarme l'emportait sur celui de l'enseignant : croyez-vous vraiment, même si vous êtes de gauche, que c'est ainsi que l'on peut conforter l'autorité des enseignants du collège précité ? Croyez-vous que cette action politique forte peut aider à améliorer l'avenir des jeunes de cette cité ? Qui faut-il donner en exemple : ceux qui essaient de s'intégrer ou ceux qui transgressent la loi ?

Je rappelle que, si vous souhaitez laisser un commentaire, celui-ci doit rester mesuré, quelle que soit votre sensibilité.  

En vidéo sur le même thème :Banlieue : Clichy-sous-Bois en a assez de sa mauvaise image


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