Les Français craignent la fermeture massive des commerces de proximité selon une étude
C’est une riposte attendue de longue date par les élus locaux et les habitants des cœurs de ville. Le vendredi 7 novembre 2025, le ministre des Petites et Moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, Serge Papin, a officialisé une stratégie nationale pour endiguer la disparition des boutiques de quartier. Ce dispositif, nommé "Lever le rideau" fait suite aux recommandations d'un rapport d'experts, qui dressait un tableau préoccupant de la situation du tissu économique de nos territoires.
L'objectif affiché est clair : stopper l'hémorragie commerciale qui menace la cohésion sociale et transformer nos centres-villes en lieux de vie attractifs. Pour y parvenir, l'exécutif mise sur une approche pragmatique, articulée autour de trois piliers : le financement de la rénovation, l'accompagnement vers le numérique et le développement de nouvelles formes de commerces dans les zones fragiles.
Les Français craignent de perdre "leurs" commerces
Les chiffres parlent d'eux-mêmes et illustrent une dégradation rapide du tissu économique local. Selon les données du ministère, le taux de vacance commerciale en centre-ville a atteint 14 % en 2024, un niveau critique lorsqu'on le compare aux 6 % enregistrés en 2010. En quinze ans, le nombre de rideaux baissés a plus que doublé, transformant certaines rues commerçantes en zones fantômes.
Cette situation s'explique par une mutation profonde des habitudes de consommation, notamment l'essor du e-commerce et de la fast fashion, conjuguée à une hausse des coûts d'exploitation et des loyers pour les petits patrons. Face à ce constat, l'inquiétude des Français grandit, craignant de voir leur cadre de vie se déliter.
D'après une étude réalisée réalisée par Catella France et Yougov citée par Capital, 9 sondés sur 10 "s’alarment de la fermeture des commerces dans leur rue ou quartier." La moitié souhaite leur développement et un tiers "déclarent manquer de commerces indépendants, de lieux culturels ou de grandes enseignes à côté de chez eux." C’est pour répondre à cette angoisse que ces neuf mesures du plan pour le commerce de proximité que le gouvernement met en place ont été priorisées.
Financer la reconquête des locaux vides
Pour inverser la tendance, l'État sort le carnet de chèques en ciblant la pierre angulaire du problème : les murs. La mesure phare concerne le renouvellement de l'enveloppe de 100 millions d'euros pour les foncières, pilotée par la Banque des Territoires dès 2026. Concrètement, ces fonds permettront à des structures locales de racheter des boutiques abandonnées, de les rénover et de les louer à des tarifs adaptés pour attirer de nouveaux porteurs de projet.
En parallèle, le dispositif renforce le rôle d'un manager de commerce en ville. Ces experts, dont 515 postes sont déjà déployés sur le territoire, agissent comme de véritables chefs d'orchestre. Ils font le lien entre la mairie, les commerçants et les propriétaires pour animer les rues et définir une stratégie cohérente. Le financement de ces postes clés sera pérennisé et amplifié, s'intégrant davantage aux programmes existants comme Action Cœur de Ville.
Moderniser et accompagner la transformation
L'argent ne fait pas tout ; l'adaptation est cruciale, rappelle Ecommercemag.fr. Le deuxième axe du plan vise à armer les commerçants face à la concurrence numérique. Le gouvernement lance le programme "Osez l'IA", destiné à former les professionnels aux outils d'Intelligence Artificielle pour optimiser leur gestion ou leur communication. Par ailleurs, un nouvel outil numérique, "Diagnostiquer ma vacance commerciale", sera mis à la disposition des mairies début 2026 pour identifier précisément les causes locales de la désertification.
Sur le plan fiscal, une évolution majeure est prévue : rendre la taxe sur les friches commerciales plus efficace. Le Code général des impôts sera modifié pour permettre aux maires d'appliquer cet impôt de manière plus stratégique et ciblée, incitant ainsi les propriétaires de locaux vides à les remettre sur le marché plutôt que de les laisser à l'abandon, comme s'en félicite Maire Info.
Des impacts concrets pour votre quotidien
Pour le grand public, ces mesures devraient se traduire par un visage urbain renouvelé d'ici quelques années. Le soutien à l'entrepreneuriat dans les quartiers prioritaires (via le programme Entrepreneuriat Quartier 2030) et l'expérimentation du dispositif "Made in Local" visent à diversifier l'offre. Ce dernier permettra notamment l'installation temporaire d'artisans ou de créateurs dans des locaux vacants, favorisant le circuit court et l'animation.
L'impact du plan commerce pour les habitants se mesurera à la capacité des villes à recréer du lien social autour de ces nouveaux lieux. Il faudra toutefois attendre les prochaines lois de finances et les décrets d'application pour que l'ensemble de ces annonces, notamment fiscales et budgétaires, deviennent une réalité opérationnelle sur le terrain en 2026.