Certains escrocs, souvent installés en Côte d'Ivoire, s'en prennent spécialement aux blancs. Méfiez-vous.

"Pas besoin de faire une classe de lettre pour gruger un Blanc", résume sobrement "Le Milliardaire", un "brouteur" de 17 ans, dont les propos rapportés par la chercheuse Nahema Hanafi (autrice de l’ouvrage L’Arnaque à la nigériane, paru chez Anacharsis à l’automne 2020), sont repris par France Culture. Comme beaucoup d’autres en Côte d’Ivoire, ce jeune garçon arnaque spécifiquement les blancs, qu’il n’est visiblement pas très dur de tromper. C’est d’ailleurs qu’on les appelle des "brouteurs", poursuit la radio sur son site. Le mot, qui évoque le mouton, est supposé illustrer combien ils se nourrissent "sans effort" et désigne désormais "les escrocs de tout poil" du pays. Détail intéressant : il n’existe pas au féminin.

Pour l’essentiel, les brouteurs sont des escrocs connectés, informe Nahema Hanafi. Ils procèdent d’ailleurs régulièrement depuis un cybercafé et font souvent appel au même mode opératoire : ils extorquent de l’argent aux occidentaux - la France n’est pas la seule nation victime - qui mordent à l’hameçon après les avoir appatés à grand coups d’appels au secours par courriel.

Qui sont les victimes des brouteurs ?

Les brouteurs, explique 20 minutes, s’attaquent essentiellement aux individus isolés et en manque d’affection. D’après Fabrice Gauthier, commandant de l’OCLTIC (Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information et de la communication), "ce genre d’escroquerie touche un milieu plus populaire". "Certains ont connu des accidents de la vie, des divorces, sont dans des situations précaires. Et ces escrocs vont vider entièrement leurs comptes, les pousser à s’endetter, parfois même au suicide. Il y a énormément de souffrance", poursuit l’officier. Mais pourquoi, dans ce cas, ne s’en prendre qu’aux blancs ?

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