Fausse convocation à la gendarmerie : que contient le mail frauduleux ?IllustrationIstock
L'arnaque à la fausse convocation à la gendarmerie revient de plus belle. Comment reconnaître le mail frauduleux ? Planet.fr a reçu cette fameuse missive menaçante et vous explique ce qui se trouve à l'intérieur, ainsi que comment vous protéger de l'escroquerie.
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L'arnaque à la fausse convocation judiciaire revient dans nos courriels. En juin 2023, le site officiel de la gendarmerie nationale annonçait l'interpellation de 19 individus ayant participé au "blanchiment d'extorsions commises par l'envoi de plusieurs centaines de milliers de courriels, pour un préjudice de plus de 3 millions d'euros". Cette opération fait référence à la campagne d'hameçonnage (ou phishing en anglais) à travers laquelle des escrocs usurpaient l'identité d'officiers de la gendarmerie, de commissaires de police, de chefs de police ou encore de magistrats.

"Ciblant des personnes physiques de manière indifférenciée, ces courriels contenaient des alertes faisant croire que le profil du destinataire avait été détecté à l’occasion d’une cyber-infiltration sur des sites Internet pédopornographiques et qu'une procédure judiciaire était envisagée. Des propositions d'abandon de procédure pénale ou de renonciation à un mandat d'arrêt étaient faites contre paiement d'une 'amende'", précise le site Gendinfo. Il semblerait toutefois que l'arnaque n'ait pas touché à sa fin, la rédaction de Planet.fr ayant elle-même reçu un courrier de ce type le samedi 8 juin 2024. Voici ce qu'il contient, et comment vous en protéger. 

Logos et articles de loi pour donner de la crédibilité à l'escroquerie

En tête de la lettre, vous retrouverez le mot "CONVOCATION" inscrit en gras et en lettres capitales, comme pour donner un air grave et urgent au document. Le logo de la gendarmerie nationale ainsi que celui de la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) sont apposés, aux côtés de non pas un, mais deux logos Europol. En transparence, sous la mention "Convocation", vous retrouverez la phrase suivante : "Pour les nécessités d'une enquête judiciaire (Article 390-1 du Code de procédure pénale".  Tout au long de la lettre, de nombreux articles de loi sont mentionnés comme argument d'autorité pour donner plus de crédibilité à l'escroquerie. 

Logos et articles de loi pour donner de la crédibilité à l'escroquerie©Planet

Dans le même but, plusieurs noms de personnes influentes dans le milieu judiciaire sont évoqués pour renforcer la crédibilité et l'autorité de la missive. C'est le cas du général de la gendarmerie, Christian Rodriguez, ou encore de Maryvonne Caillibotte, procureure de la République de Versailles. 

Pour couronner le tout, la missive est prétendument signée par "Catherine De Bolle, commissaire générale de la police générale, élue au poste de Directrice d'Europol". 

Un récit basé sur la peur et l'urgence

Dans leur lettre, les escrocs vous indiquent que vous êtes visé par des poursuites judiciaires pour des faits de pédopornographie, de pédophilie, d'exhibitionnisme, de cyberpornographie et de trafic sexuel. "Vous avez commis l'infraction après avoir été ciblé sur internet (site d'annonce), visualisation de vidéo à caractère pédopornographique, des photos/vidéos dénudées de mineur ont été enregistrées par notre cyber-gendarme et constituent les preuves de vos infractions", peut-on lire dans la missive. Ensuite, le document vous invite à prendre contact avec le général de la gendarmerie nationale par courrier électronique à une adresse Gmail, en vous laissant deux possibilités : la procédure judiciaire ou le réglement à l'amiable. 

Un récit basé sur la peur et l'urgence©Planet

La rédaction de la lettre est basée sur la gravité et la peur pour pousser les destinataires à réagir dans l'urgence. Leur objectif ? Vous faire payer une amende pour ne pas être accusé à tort d'atrocités. Les escrocs évoquent notamment un "délai strict de 72 heures", 

Que faire si je reçois un mail de ce type ? 

A la fin du mail, vous pouvez lire les déclarations suivantes : "Passé ce délai, nous nous verrons dans l'obligation de transmettre notre rappel à Madame MARYVONNE CAILLIBOTTE, Procureur de la République de Versailles pour établir un mandat d'arrêt à votre encontre et nous procéderons à votre arrestation immédiate par la gendarmerie la plus proche de votre lieu de résidence et vous serez fiché au registre national des délinquants sexuels. Dans ce cas, votre dossier sera également transmis aux associations de lutte contre la pédophilie et aux médias pour publication de personne fiché au RNDS". Mais que faire si vous recevez un mail de ce type ? 

Le ministère de l'Intérieur conseille aux destinataires d'un mail de ce genre de ne pas céder à la panique, et de ne pas y répondre. Surtout, ne payez rien et ne cliquez sur aucun lien ou pièce jointe. "Déposez un signalement sur https://www.cybermalveillance.gouv.fr/ et à l'adresse mail fraude-bretic[at]interieur.gouv.fr afin qu'il soit pris en compte dans le cadre de l'enquête ouverte par l'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information et de la communication (OCLCTIC)", poursuit le site officiel du ministère. Enfin, si vous avez donné suite aux demandes des escrocs, déposez plainte dans le commissariat le plus proche. 

Pour rappel, "les services du ministère de l'Intérieur n'envoient jamais de courriel pour procéder à des auditions. Les infractions mentionnées dans cette pseudo convocation ne font jamais l'objet de transaction. Leur traitement s'inscrit dans le cadre judiciaire sous contrôle d'un magistrat".