Chiffres de l'immigration : baisse de l'emploi, hausse de l'asile, le bilan 2025

Publié par Pierre-Antoine Martel
le 28/01/2026
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Les chiffres officiels de l'immigration pour 2025 viennent de tomber. Surprise : alors que les régularisations chutent, la France enregistre un record historique de premiers titres de séjour (+11,2 %). Une hausse portée par deux moteurs inattendus : la protection humanitaire et les étudiants étrangers.

L’immigration ne recule pas en France. En 2025, elle atteint même un niveau inédit. Selon les données officielles du ministère de l’Intérieur publié le 28 Janvier 2026, le nombre de premiers titres de séjour délivrés n’a jamais été aussi élevé. Mais derrière ce record se cache une évolution majeure : la nature même des flux migratoires change profondément, alimentant un débat de plus en plus vif.

Car si la France continue d’accueillir davantage d’étrangers en situation régulière, cette hausse n’est plus portée par l’immigration de travail. Elle repose désormais principalement sur l’asile, tandis que l’État durcit en parallèle les règles de régularisation pour les personnes déjà présentes sur le territoire.

Un nombre record de titres de séjour délivrés en 2025

En 2025, 384 000 premiers titres de séjour ont été accordés en France. Cela représente une hausse de 11,2 % par rapport à l’année précédente, confirmant une dynamique déjà observée depuis la fin de la crise sanitaire. Le volume global reste donc élevé et continue de progresser.

Mais cette augmentation est loin d’être homogène. Elle est massivement portée par le motif humanitaire. En un an, les primo-délivrances liées au droit d’asile ont bondi de 65 %, soit 36 000 titres supplémentaires. Une progression spectaculaire qui modifie en profondeur la structure de l’immigration légale.

À l’intérieur même de cette catégorie, un dispositif se distingue particulièrement : la protection subsidiaire. Les titres délivrés à ce titre ont plus que doublé (+133 %). Résultat : le motif humanitaire devient en 2025 le deuxième motif d’entrée légale sur le territoire français, juste derrière les études.

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Une immigration de plus en plus éloignée du travail

Dans le détail, les étudiants étrangers restent le premier contingent d’arrivants légaux. Environ trois premiers titres sur dix leur sont délivrés. À eux seuls, les étudiants et les bénéficiaires de l’asile représentent désormais près de la moitié des nouveaux flux migratoires.

À l’inverse, l’immigration professionnelle recule nettement. En 2025, les titres délivrés pour motif économique diminuent de 12 %. Un chiffre qui tranche avec l’idée d’une immigration principalement tournée vers les besoins du marché du travail et qui alimente les interrogations sur l’adéquation entre immigration et emploi.

L’immigration familiale, souvent au centre des débats politiques, reste quant à elle stable. Environ 91 000 titres ont été délivrés au titre du regroupement familial ou des liens privés et familiaux, sans hausse marquée par rapport aux années précédentes.

Moins de régularisations, effet direct du durcissement de l’État

Si les entrées légales restent élevées, le durcissement est net pour les étrangers en situation irrégulière. En 2025, les admissions exceptionnelles au séjour, c’est-à-dire les régularisations, chutent de 10 %, pour s’établir à 28 600 personnes.

Cette baisse s’explique directement par la circulaire Retailleau publiée en janvier 2025. Le texte rappelle le caractère strictement dérogatoire de ces régularisations. Dans les faits, les admissions pour motifs économiques reculent de 11,5 % et celles pour motifs familiaux de 6,4 %. Les préfectures ont clairement resserré les critères.

4,5 millions d’étrangers en situation régulière en France

Au total, environ 4,5 millions d’étrangers non européens disposent d’un titre de séjour valide en France au 31 décembre 2025. Le stock de résidents légaux progresse de 3,2 % sur un an, confirmant que l’immigration reste à un niveau élevé.

L’année 2025 marque donc un tournant : la France continue d’accueillir davantage d’étrangers, mais selon une logique profondément modifiée. 

Moins de travail, plus d’asile, et des régularisations de plus en plus encadrées. Une évolution qui, loin d’apaiser le débat, risque au contraire d’alimenter durablement les tensions autour de la politique migratoire.

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