Rachat de trimestres : 5 erreurs à éviter à avant la réforme des retraites
Réforme des retraite oblige, un certain nombre de Françaises et de Français pourraient être tentés de précipiter leur cessation d'activité. Racheter des trimestres constitue une stratégie souvent envisagée. A raison ?

Certains n’hésitent pas à parler de cadeau "empoisonné". En chargeant la Première ministre de conduire la réforme des retraites, Emmanuel Macron n’a pas simplifié la vie d’Elisabeth Borne, observe Le Point sur son site. La cheffe du gouvernement, qui doit aussi tenir compte des velléités de vélocité du chef de l’Etat, a décidé de consulter. C’est pour cela qu’elle reçoit, ce mercredi 21 septembre, les chefs des groupes macronistes à l’Assemblée nationale ainsi qu’au Sénat, indique Europe 1 sur son site. Ils doivent discuter de plusieurs projets, mais notamment et essentiellement du report de l’âge légal de départ à la retraite. Celui-ci, conformément à la volonté du locataire de l’Elysée, doit progressivement être relevé à 64 ou 65 ans.

Ce genre de mesure, indépendamment de sa popularité ou de sa nécessité supposée, est clairement de nature à pousser les Françaises et les Français à précipiter leur départ à la retraite. Un événement commun, comme a pu l’expliquer Planet, à l’approche d’une réforme

Réforme des retraites en approche : auriez-vous raison d’acheter des trimestres ?

"Si réforme il y a, ce que semble avoir prévu Emmanuel Macron, elle sera progressive. Il ne faut pas croire que tout va changer du jour au lendemain", rappelle d’entrée de jeu l’économiste d’obédience libérale Philippe Crevel, qui s’exprimait à ce propos dans nos colonnes, en mai 2022. Et lui de poursuivre : "Pour celles et ceux qui sont à quelques mois de la retraite, il n’y a aucun changement de prévu. C’est vrai aussi pour toutes celles et tous ceux qui sont encore à un ou deux ans de leur départ". "Les autres seront plus ou moins impactés par la réforme des retraites", ajoute-t-il.

D’aucuns pourraient, dès lors, se sentir tentés d’acheter des trimestres pour partir plus tôt. Une stratégie potentiellement payante… À condition de ne pas tomber dans quelques mauvais réflexes. Retrouvez-en cinq dans notre diaporama ci-après.

1ère erreur : ne pas distinguer le rachat de trimestres du rachat de cotisations

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1ère erreur : ne pas distinguer le rachat de trimestres du rachat de cotisations

"Il est essentiel de distinguer le rachat de trimestres du rachat de cotisations. Le premier concerne les années d’études ou les stages réalisés pendant ces périodes. Ils sont cumulables mais l’acheteur ne dispose que de deux ans pour racheter les trimestres correspondant. Il faut donc agir vite, dans ce cas précis", rappelle d’entrée de jeu l’économiste Florence Legros, qui préside aussi l’ICN Business School. "Il ne faut pas non plus perdre de vue que ce genre de dispositifs s’adressent avant tout à celles et ceux qui ont suivi des études relativement longues", souligne-t-elle encore.

2ème erreur : ne pas optimiser son rachat de trimestre

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2ème erreur : ne pas optimiser son rachat de trimestre

"En matière de rachat de trimestres, il faut distinguer deux possibilités. La première consiste à racheter la durée d’assurance pour augmenter son taux de pension. Elle va essentiellement intéresser les Françaises et les Français qui cherchent à éviter la décote ; à qui elle peut permettre de passer d’un taux de pension de 45 à 50%, par exemple. C’est aussi la moins chère des deux options, puisque la seconde consiste à racheter la durée d’assurance ainsi que le trimestre de cotisation à proprement parler. Le prix est environ deux fois plus élevé, mais cela ne veut pas dire que c’est systématiquement une mauvaise affaire. Le plafond de rachat, la déductibilité de l’impôt et l’argent récupéré sur le long terme (en fonction de son espérance de vie, par exemple), peuvent rendre l’opération rentable. Il faut donc faire ses calculs avant de choisir", observe encore la spécialiste, interrogée par Planet.

3ème erreur : avoir peur de racheter des trimestres à cause de la réforme

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3ème erreur : avoir peur de racheter des trimestres à cause de la réforme

"Du moment que l’espérance de vie continue d’augmenter et que l’on a le temps d’amortir le rachat de trimestre(s), il n’est pas nécessairement problématique d’envisager un rachat, même à l’approche de la réforme. Le risque, cependant, c’est que ce dernier s’avère moins favorable si le barème progressif est porté de 65 à 67 ans et qu’il augmente, ce qui apparaît probable. Dans ce genre de cas de figure, mieux vaut procéder relativement rapidement", estime Florence Legros.

4ème erreur : ne pas penser à racheter ses trimestres cotisés à l’étranger

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4ème erreur : ne pas penser à racheter ses trimestres cotisés à l’étranger

"Avoir travaillé à l’international, bien souvent, cela veut dire qu’on a dû composer avec un salaire fixe assez faible et de fortes primes sur lesquelles on ne cotisait pas. Pour éviter tout malentendu au moment de partir à la retraite, il est utile de racheter ses trimestres d’expatriés, d’autant qu’ils coûtent généralement assez peu cher", rappelle l’économiste.

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5ème erreur : penser que le rachat de trimestres suffira

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5ème erreur : penser que le rachat de trimestres suffira

"Il ne faut pas, au moment de préparer sa retraite, penser que le rachat de trimestre sera suffisant pour s’en sortir. On restera, même après la réforme des retraites sur un système par répartition, lié au salaire annuel moyen et cela ne changera pas non le plus que l’assuré n’est pas à l’abri d’un décrochage de sa pension par rapport à l’inflation ou aux salaires, comme ça a pu être le cas par le passé. Il faut donc prévoir des alternatives", juge encore la directrice de l’ICN Business School.