Si Emmanuel Macron souhaite se séparer d'Edouard Philippe, ce n'est peut-être pas uniquement parce qu'il est jaloux. Le chef de l'État nourrirait aussi des dessins autrement plus politiques. Explications.
L'homme qui effraie tant Emmanuel MacronAFP

"L'exemple à ne pas suivre est celui de Sarkozy", affirme sans ambages cet homme qui "a l'oreille de l'Elysée", interrogé par le journal suisse Le Temps. Le Courrier international s'en fait d'ailleurs l'écho. Et d'après lui, l'ancien patron de la droite "s'est plombé en gardant François Fillon à la tête du gouvernement durant sa présidence, entre 2012 et 2017". Un scénario qui, à ses yeux au moins, devrait considérablement inquiéter le chef de l’État.

Certes, le président compte d'ores et déjà de nombreux rivaux. A droite, il doit se méfier des Xavier Bertrand et consorts, tandis qu'à gauche c'est le spectre de Bernard Cazeneuve qui plane parfois. Sans oublier, évidemment, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon qui aurait déjà commencé sa campagne électorale d'après Le Point. Et pourtant, la vraie menace pourrait venir de nul autre qu’Édouard Philippe.

Comment faire pour se séparer du Premier ministre sans fragiliser le président de la République ?

"Il ne faut pas virer Édouard Philippe. Il faut le remplacer sans crise. S'il redevient maire du Havre après le second tour des municipales, l'occasion sera parfaite. Espérons juste qu'elles n'auront pas lieu trop tard", explique encore l'intervenant questionné par Le Temps. Il souligne combien Nicolas Sarkozy a "peu à peu perdu l'initiative". "Sa force, qui était de tenir tête à l'administration, s'est émoussée devant la résistance de Matignon. Aujourd'hui, c'est le même scénario...".

Il faudra donc, insiste-t-il, permettre un divorce qui ne saurait être dommageable pour Emmanuel Macron, quand bien même celui-ci s'avère aujourd'hui largement fragilisé par une succession de crises sociales, sanitaire, et bientôt économique.

"L'entourage du Premier ministre tient toujours, en France, les rênes de l'Etat. C'est par lui que tout passe, même si la décision ultime ne lui appartient pas. Problème : Macron a réalisé, avec la crise du Covid, qu'il est en train de perdre les leviers de commande", affirmait d'ailleurs Frédéric Dabi, politologue pour l'IFOP, en mars 2020.

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