« Le temps est compté » : Donald Trump met l’Iran en garde et menace une attaque américaine « bien pire » que la précédente
La pression monte d'un cran dans le Golfe. Alors que le porte-avions USS Abraham Lincoln vient de se positionner dans la région, Washington exige une réponse immédiate de la République islamique sur le dossier nucléaire. Face à cette démonstration de force, le chef de la diplomatie iranienne a fermement rejeté toute discussion sous la contrainte, laissant craindre une nouvelle escalade des tensions entre Washington et Téhéran.
Une menace militaire directe
Donald Trump a exhorté l'Iran, ce mercredi 28 janvier, à « s'asseoir à la table » des négociations sans délai. Sur son réseau social Truth Social, le locataire de la Maison-Blanche a averti que « le temps était compté » avant une nouvelle offensive. Il évoque explicitement une action militaire « bien pire » que les frappes américaines menées en juin 2025 contre des sites nucléaires iraniens.
Pour appuyer ces propos, une force navale conséquente a été déployée. L'armée américaine a confirmé lundi l'arrivée du porte-avions USS Abraham Lincoln et de son escorte dans le Golfe. Donald Trump qualifie ce dispositif d'« armada massive », la décrivant comme une « flotte plus importante » que celle dépêchée au Venezuela. Selon le président, cette force est « prête, disposée et capable d’accomplir rapidement sa mission, avec rapidité et violence si nécessaire ».
Téhéran refuse de céder au chantage
La réponse iranienne ne s'est pas fait attendre. Abbas Araghchi, chef de la diplomatie, a posé une condition sine qua non : les États-Unis doivent « cesser les menaces, les demandes excessives » pour espérer un dialogue. Il tranche : « Faire de la diplomatie tout en formulant des menaces militaires ne peut être ni efficace, ni utile ». Téhéran affirme par ailleurs n'avoir pas cherché à négocier et n'avoir eu aucun contact avec l'émissaire américain Steve Witkoff.
Ces échanges interviennent dans un climat de tensions maximales, exacerbé par la répression sanglante des manifestations en Iran au début de l'année. La mission iranienne à l'ONU a d'ores et déjà prévenu : en cas de provocation, le pays se défendra et « réagira comme jamais auparavant ».
La crainte d'un embrasement régional
Les chancelleries régionales tentent d'éviter le pire. Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a garanti au président iranien Massoud Pezeshkian que Riyad n’autoriserait pas l’usage de son territoire pour une attaque. Le Qatar, via son Premier ministre, a réitéré son « soutien [...] à tous les efforts visant à la désescalade », une position partagée par l'Égypte et la Turquie qui appellent à reprendre les pourparlers.
L'Iran a toutefois été clair : tout pays voisin dont le territoire servirait de base à une offensive américaine sera considéré comme « hostile ». Mohammad Akbarzadeh, haut responsable des forces navales des Gardiens de la Révolution, a brandi la menace d'un blocage du détroit d'Ormuz, passage essentiel pour le transport mondial de pétrole et de gaz. À Téhéran, des panneaux anti-américains montrant des frappes sur le porte-avions ont déjà fleuri.