Isabelle Adjani fait scandale en soutenant la "guerre de Trump" en Iran

Publié par Julien Pinardi
le 09/03/2026
Isabelle Adjani
abacapress
© Castel Franck/ABACA
L’actrice Isabelle Adjani crée une onde de choc médiatique après ses déclarations inattendues sur l’intervention de Donald Trump en Iran. Entre soutien à la chute du régime de Téhéran et pragmatisme géopolitique, l'icône du cinéma français bouscule son image habituelle. Découvrez les coulisses et les réactions à cette prise de position radicale qui divise l'opinion.

Après une interview accordée à La Tribune Dimanche du 8 mars, l'actrice Isabelle Adjani a déclenché une véritable tempête médiatique en justifiant une la guerre déclenchée par Donald Trump. Connue pour ses engagements humanistes, l'icône du cinéma français a décidé de sortir du silence. Ses propos fracassants redessinent les contours de sa ligne idéologique et provoquent de vives réactions. Elle va jusqu'à féliciter le président des Etats-Unis.

L'interview de la discorde

Interrogée sur l'opération américaine ayant ciblé et éliminé le leader spirituel de Téhéran, chef suprême Khamenei, la star ne cache pas sa satisfaction de voir le régime s'affaiblir. "Je me réjouis de ce qui se passe en Iran. Mon Dieu, on attendait ça !" déclare-t-elle à nos confrères. "J'ai eu tellement peur qu'il n'y aille pas du tout (…) Il ne faut pas se laisser intimider par cette notion de droit international que ce régime de monstres intégristes n'a jamais respecté."

Déjà, il y a 6 ans, elle n'hésitait pas à prendre parti : "Je ne pleurerai pas la mort de Soleimani (un général iranien des gardiens de la révolution tué par un drone américain, Ndlr). Je ne pleure pas la mort d’un terroriste", affirmait-elle sans détour lors d'une interview pour Nice-Matin publiée le 12 janvier 2020. Elle assumait un pragmatisme froid face à l'action de Donald Trump los de son premier mandat. "Même si le personnage de Trump est tout ce qu’on veut, si cela peut aider à l’écroulement de ce régime de terreur, alors...", lâchait-elle au quotidien régional.

Du cœur à gauche à la realpolitik

Cette nouvelle prise de position désarçonne une partie de l'opinion. Comment une figure historiquement classée à gauche peut-elle cautionner l'initiative d'un locataire républicain de la Maison-Blanche ? Pour Isabelle Adjani, la priorité absolue reste la défense des droits des femmes iraniennes. L'actrice justifie l'usage de moyens extrêmes si ceux-ci permettent de fissurer la théocratie en place, condition indispensable pour obtenir la paix. 

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Elle ne prend plus cette fois le soin de nuancer ses propos. Elle disait à l'époque ne pas soutenir l'homme politique, mais saluait l'impact de cet acte précis sur un gouvernement qu'elle exècre. En 2026, elle est plus cash : "C'est à partir de lui, de ce qu'il y a de plus improbable, comme terreau sain, que part un mouvement sain (…) Ces journalistes qui disent que ça va donner la même chose qu'en Syrie, en Afghanistan ou en Libye ont tort. En Iran, on a affaire à un peuple tellement évolué, tellement érudit, tellement fantastique, tellement raffiné. C'est eux qui feront la peau aux Frères musulmans".

Une onde de choc numérique et diplomatique

Sur les réseaux sociaux, la fureur gronde immédiatement. De nombreux internautes accusent la comédienne de jouer les va-t-en-guerre, exprimant la déception d'un public fidèle à son image pacifique. À l'inverse, des opposants iraniens en exil saluent la franchise de cette prise de parole. Dissimulée derrière ses larges lunettes noires devenues sa signature protectrice durant l'entrevue, l'artiste refuse de manier la langue de bois. Elle accepte d'endosser le risque réputationnel pour peser sur la scène diplomatique et imposer son point de vue retentissant.

Un combat viscéral et intime

Cette ligne dure s'inscrit dans la continuité d'une lutte de longue date. Dès 2010, Isabelle Adjani s'illustrait par son soutien acharné à Sakineh Mohammadi Ashtiani, condamnée à la lapidation. Animée par une sensibilité forgée par ses propres racines et son attachement à la laïcité, elle observe avec attention les dynamiques du monde musulman. Ce glissement de la simple pétition culturelle vers l'approbation d'une action militaire marque une rupture nette dans son discours public. Reste à savoir si l'actrice embrassera pleinement ce rôle de figure de proue politique dans les futurs débats sur l'ingérence humanitaire.

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