Isabelle Adjani : lors de son procès en appel, elle se dit la "proie idéale"
La star césarisée a fait son grand retour au tribunal pour laver son honneur, après une longue absence médiatique concernant ses déboires financiers. Vêtue de noir et affichant une mine grave, elle tente d'inverser la vapeur face aux lourdes accusations du fisc français.
Une icône à la barre : le face-à-face attendu avec la justice
Contrairement à son premier procès en 2023 qu'elle avait séché, l'actrice de 70 ans s'est présentée physiquement devant les magistrats parisiens. Son but affirmé consiste à renverser sa précédente condamnation à deux ans de prison avec sursis et 250 000 euros d'amende pour fraude fiscale aggravée et blanchiment. D'une voix serrée, Isabelle Adjani a joué la carte de l'absolue sincérité pour dissiper les supposés malentendus accumulés au fil des années.
"Je suis la proie idéale" : une ligne de défense basée sur la vulnérabilité
Refusant catégoriquement l'étiquette de manipulatrice financière, la vedette a pointé les défaillances de ses anciens conseillers. Selon elle, son entourage aurait lourdement profité de sa naïveté lors de ses transactions. "Je ne suis pas la voleuse du siècle", s'est-elle exclamée à la barre, selon des propos rapportés par l'AFP. Un sentiment de trahison profond qui l'a poussée à formuler une déclaration particulièrement poignante devant la cour : "Je suis la proie idéale et j'ai horreur de vous le dire", a-t-elle confié à l'audience d'après Notre Temps.
De la "phobie des papiers" aux accusations de domiciliation fictive
Au cœur des débats, l'administration scrute une prétendue résidence portugaise à Carcavelos et un virement de deux millions d'euros reçu de l'homme d'affaires Mamadou Diagna Ndiaye, qualifié de donation déguisée. Face aux juges, la star a admis sa totale déconnexion des réalités comptables. "Je vais être honnête, je n'ai jamais rempli une fiche d'impôt. Et heureusement, car ça aurait été désastreux [...]. J'ai la phobie des papiers", a-t-elle avoué selon l'AFP. Interrogée sur l'ingénierie de ses gestionnaires, elle a rétorqué n'avoir "pas été capable de jauger de sa virtuosité en la matière", relève Marie Claire.
Les zones d'ombre d'une carrière marquée par les épreuves personnelles
Pour justifier cette étonnante cécité administrative, l'icône du cinéma a évoqué ses lourds traumatismes passés, de ses liaisons tumultueuses jusqu'à la terrible rumeur de 1987 qui faisait courir le bruit qu'elle était atteinte du Sida. Cette accumulation médiatique l'aurait enfermée dans un état perpétuel de méfiance. Une fragilité parfaitement cernée par la présidente de la cour qui a souligné avec empathie : "Vous avez d'autres priorités que le financier." Toutefois, ce plaidoyer émotionnel se heurte à la fermeté de l'avocat de la Direction générale des Finances publiques, pour qui le statut prestigieux de la star ne saurait effacer ses obligations.