Isabelle Adjani de nouveau jugée ce jeudi 26 février pour fraude fiscale

Publié par Pierre-Antoine Martel
le 26/02/2026
harcelement couloir ecole
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L’icône du cinéma Isabelle Adjani comparaît ce jeudi 26 février 2026 devant la cour d’appel de Paris. Condamnée en première instance à deux ans de prison avec sursis pour fraude fiscale aggravée et blanchiment, l’actrice conteste fermement une volonté de dissimuler ses revenus. Entre domiciliation fictive au Portugal et donation déguisée, découvrez les clés d’un procès qui mêle gestion financière complexe et principes de justice fiscale.

L’icône du cinéma Isabelle Adjani comparaît ce jeudi 26 février 2026 devant la cour d’appel de Paris. Condamnée en première instance à deux ans de prison avec sursis pour fraude fiscale aggravée et blanchiment, l’actrice conteste fermement une volonté de dissimuler ses revenus. Entre domiciliation fictive au Portugal et donation déguisée, découvrez les clés d’un procès qui mêle gestion financière complexe et principes de justice fiscale.

C’est une audience sous haute tension qui s'ouvre au palais de justice. Après une condamnation retentissante en décembre 2023, la star aux cinq César joue une carte majeure pour son image publique et son casier judiciaire. L'actrice entend s'expliquer de vive voix sur les montages financiers qui lui sont reprochés, dans un dossier où l'administration fiscale estime le préjudice total à près de 1,4 million d'euros.

Une présence très attendue à la barre

Isabelle Adjani retrouve les bancs de la cour d'appel de Paris ce jeudi pour contester son jugement de décembre 2023. En première instance, le tribunal correctionnel s'était montré sévère en la condamnant à deux ans de prison avec sursis et 250 000 euros d’amende. Les juges avaient alors pointé, selon les termes rapportés par Libération, une "volonté de dissimulation vis-à-vis de l'administration fiscale" portant atteinte à l'égalité devant l'impôt.

L’enjeu immédiat de cette nouvelle audience réside dans sa présence physique. Absente lors du premier procès pour des raisons de santé qualifiées de "pathologie aiguë" par sa défense, elle avait été jugée par défaut. Aujourd'hui, sa comparution personnelle est scrutée : elle doit démontrer sa "volonté de transparence" face aux magistrats, comme le souligne Sud Ouest, pour tenter d'inverser la vapeur.

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Les trois piliers de l’accusation fiscale

Le dossier repose sur trois mécanismes financiers distincts que le fisc considère comme frauduleux. L'accusation pointe d'abord une domiciliation fictive au Portugal entre 2016 et 2017. Alors que l'actrice se déclarait résidente portugaise, l'administration estime, preuves à l'appui, qu'elle a maintenu son foyer principal en France. Cette manœuvre lui aurait permis d'éluder 236 000 euros d'impôt sur le revenu.

Le second volet concerne un virement de deux millions d’euros reçu en 2013 de la part de Mamadou Diagna Ndiaye, président du comité olympique sénégalais et membre du CIO. Si Isabelle Adjani évoque un prêt amical, la justice a requalifié cette somme en "donation déguisée". Ce montage aurait permis d'éviter le paiement de 1,2 million d'euros de droits de mutation, précise Le Parisien.

Enfin, un circuit de blanchiment complète les charges. Il est reproché à la comédienne d'avoir fait transiter 119 000 euros via un compte américain non déclaré vers le Portugal. Le jugement de 2023, relayé par Télépro, indiquait que cette opération visait à "dissimuler l'origine et la destination de ces fonds".

L’argument du mauvais conseil face à la loi

Pour sa défense, les avocats d'Isabelle Adjani plaident la "mauvaise gestion" et les erreurs administratives plutôt que la fraude organisée. Ils soutiennent que la star a été mal conseillée à une époque où elle traversait de grandes difficultés financières, réfutant toute intention délibérée de frauder. Me Stéphane Babonneau avait affirmé à l'époque, cité par L'Obs, qu'il s'agissait d'une erreur et non d'une volonté de nuire.

L'issue de ce procès en appel reste incertaine, mais elle illustre la sévérité accrue de l'État sur la définition de la résidence fiscale. La cour devra trancher entre la relaxe, la confirmation de la peine ou son alourdissement. Le Parquet National Financier (PNF) avait rappelé lors de la première instance que "chaque citoyen est soumis à des devoirs", quel que soit son statut de célébrité.

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