Le "Conseil de la paix" de Donald Trump : quels pays sont devenus membres ?
Le jeudi 22 janvier 2026 a marqué une rupture diplomatique majeure au cœur des Alpes suisses. En marge du Forum économique mondial de Davos, le président américain a officialisé une structure inédite censée pallier les carences des institutions actuelles, provoquant une onde de choc immédiate parmi les partenaires historiques de Washington.
Une fracture nette entre le Nord et le Sud
Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche, a été formelle lors de l'événement : cette entité est désormais une "organisation internationale officielle ", rapporte Le Huffpost. Pourtant, l'engouement est loin d'être universel. Sur une soixantaine d'invitations lancées, 22 nations ont pour l'instant signé la charte et formellement adhéré au Conseil, déboursant pour certaines 1 milliard de dollars, condition sine qua non pour celles qui veulent en devenir un membre "permanent". Nous reviendrons en fin d'article sur ces adhésions.
La charte du Conseil précise : "Chaque État membre exerce un mandat d’une durée maximale de trois ans à compter de l’entrée en vigueur de la présente charte, renouvelable par le président. Ce mandat de trois ans ne s’applique pas aux États membres qui versent plus de 1 milliard de dollars en espèces au Conseil de la paix au cours de la première année suivant l’entrée en vigueur de la charte."
La première urgence de ce cénacle concerne le Moyen-Orient. Le dispositif s'inscrit dans la continuité du plan de paix pour Gaza supervisé par le Conseil de Donald Trump, dont il serait président à vie, visant une démilitarisation complète de l'enclave. Le président américain s'est d'ailleurs montré menaçant envers le Hamas : "Ils doivent déposer les armes, et s'ils ne le font pas, ce sera leur fin", a-t-il déclaré, selon TV5 Monde.
Une concurrence assumée avec les Nations unies
L'ambition américaine ne s'arrête pas au Levant. Le locataire de la Maison Blanche justifie cette création par la nécessité de s'affranchir des "échecs répétés des organisations internationales traditionnelles. " Il vise explicitement l'ONU, qu'il juge inefficace pour "garantir une paix durable dans les régions affectées par des conflits chronique." Cette posture installe de fait une rivalité entre les deux organismes.
Bien que Washington promette de travailler "en coordination" avec New York (siège de l'ONU), les diplomates européens restent sceptiques. Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, a souligné que le projet restait "très loin de la Charte des Nations unies", précise TV5 Monde. Cette tentative de redéfinition unilatérale de l'influence américaine remet directement en cause le multilatéralisme traditionnel.
Des représailles économiques contre les absents
Les réactions des alliés européens au Conseil de la paix ont été glaciales. Paris, Londres et Bruxelles voient dans cette structure un danger pour l'équilibre international. La France a refusé de participer "à ce stade", jugeant le cadre "incompatible avec son engagement à l'ONU." L'Union européenne a émis de sérieux doutes sur la légitimité du processus, tandis que le Royaume-Uni a brillé par son absence, en partie due à la présence annoncée de Vladimir Poutine.
Ce boycott occidental n'est pas sans risques. Les conséquences du refus de la France de rejoindre le Conseil de la paix pourraient rapidement peser sur l'économie hexagonale. Furieux de ce camouflet diplomatique venant d'Emmanuel Macron, Donald Trump menace d'instaurer une taxe de 200% sur le vin français et le champagne. Cette escalade confirme que ce Conseil est autant un outil de résolution de conflits qu'un instrument de pression économique.
Voici, pour l'heure, les 22 nations, démocraties ou non, qui ont adhéré au Conseil de la paix de monsieur Trump et qui en sont considérées comme "fondatrices", dans notre diaporama ci-dessous.
L'Arabie Saoudite
Sans surprise, l'Arabie Saoudite du roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud, première alliée des USA aux Moyen-Orient et première puissance régionale, a rejoint le Conseil de la paix. Il y a peu de doutes sur le fait qu'elle paiera le milliard de dollars nécessaire pour en devenir membre permanent, une stratégie géopolitique logique.
L'Argentine
Sans surprise, l'Argentine du fantasque Javier Milei, président aux méthodes "trumpiennes", a rejoint le Conseil de la paix. Il a déclaré qu'il paiera le milliard de dollars nécessaire pour en devenir membre permanent, mais sans plus de précisions.
L'Arménie
Plus surprenant, l'Arménie, pays "ami" de la France, a accepté de devenir membre du Conseil de la paix. Il faut dire qu'elle est menacée par l'Azerbaïdjan avec qui est elle en guerre larvée à cause du Haut-Karabagh notamment, et dans une moindre mesure, par la Russie.
L'Azerbaïdjan
Pays laïc riche en gaz et en pétrole, dirigé par la même famille depuis des décennies (aujourd'hui le "président" Ilham Aliyev, fils de son père qui l'a précédé) et qualifié de "dictature impitoyable", l'Azerbaïdjan est proche de la Turquie mais ses relations avec la Russie sont mauvaises. Là aussi, le milliard de dollars sera sans douté dépensé. Le pays est en conflit ouvert avec la France contre laquelle il multiplie les ingérences, notamment en Nouvelle-Calédonie, dont il aimerait bien s'approprier le nickel.
Le Bahreïn
Autre pays devenu membre, la monarchie pétrolière autoritaire du Bahreïn, du roi Hamad ben Issa Al Khalifa. Menacé par les autres puissances locales comme le Qatar, le minuscule archipel ne devait pas hésiter à se mettre sous la protection américaine, même si elle déjà alliée, en déboursant le milliard de dollars.
La Bulgarie
Démocratie malheureusement gangrénée par la corruption, la Bulgarie a comme les autres anciennes nations qui furent sous la coupe soviétique, des craintes légitimes envers la Russie. Elle est donc devenue membre du Conseil.
L'Égypte
Sans doute pour se protéger de la Palestine, ou participer à la reconstruction de Gaza, l'Égypte du président Abdel Fattah al-Sissi est devenue membre du Conseil, sans plus de précisions.