Guerre en Ukraine : Macron veut envoyer des milliers de soldats français
Jamais l'engagement de l'Europe n'avait été aussi tangible depuis le début de l'invasion russe en Ukraine. Réunie au palais de l'Élysée, la "Coalition des Volontaires" a officialisé un accord historique visant à sécuriser l'avenir de Kiev une fois les armes tues. Loin des simples promesses diplomatiques, ce texte grave dans le marbre la participation active de soldats occidentaux, y compris français, pour garantir que le futur cessez-le-feu (s'il est effectif un jour...) ne soit pas une simple pause avant une nouvelle offensive de Moscou.
Ce sommet, qui a rassemblé 28 chefs d'État et de gouvernement, dessine les contours d'une nouvelle architecture de sécurité sur le Vieux Continent. Si les États-Unis ont assuré apporter un soutien au niveau logistique (fourniture d'armes, financements) "en cas d'attaque Russe", rapporte La Coix, c'est bien l'Europe qui s'apprête à prendre ses responsabilités via cette "force multinationale" (mais essentiellement européenne...). Voici ce qu'il faut retenir de ce tournant stratégique et de ses implications concrètes.
Une force inédite de plusieurs milliers de soldats français
C'est l'annonce la plus spectaculaire de cette déclaration. Le Président a confirmé que la France était prête à prendre une part prépondérante dans ce dispositif. Le chef de l'État a évoqué la possibilité de mobiliser "plusieurs milliers d'hommes" de notre armée "dans le cadre de nos opérations extérieures." Ce déploiement, qui surviendrait après un éventuel cessez-le-feu en Ukraine, ne constituerait pas une entrée en guerre, mais une mission de stabilisation.
Comme l'a précisé le président de la République, il ne s'agit pas de "forces qu'on engage au combat", mais bien d'une "forme de réassurance, le jour d’après le cessez-le-feu" a-t-il déclaré sur France 2. Concrètement, ces troupes seraient positionnées en retrait de la ligne de contact, sur terre, en mer et dans les airs, pour dissuader toute reprise des hostilités. Cette distinction est cruciale : la mission est de surveiller et de protéger, non d'attaquer, marquant ainsi l'engagement de la France dans la sécurité post-conflit sans franchir le seuil de la cobelligérance.
Cinq garanties concrètes pour verrouiller la paix
Le document signé à Paris ne se limite pas à l'envoi de troupes. Il établit une feuille de route précise pour éviter le scénario d'une "paix fragile". Le contenu de la déclaration de Paris sur les garanties de sécurité en Ukraine repose sur cinq piliers fondamentaux qui doivent s'activer dès la fin des combats, détaillés par le ministère de l'Intérieur :
- la surveillance du cessez-le-feu : un mécanisme strict sera mis en place sous "leadership américain", précise Le Figaro, bien que Washington ne soit pas signataire direct du traité ;
- une présence militaire dissuasive : c'est le rôle de la force multinationale de réassurance en Ukraine, composée des troupes européennes et alliées ;
- un soutien capacitaire durable : l'accord prévoit de continuer à former et équiper l'armée ukrainienne sur le long terme ;
- des garanties juridiques : les signataires s'engagent légalement à soutenir l'Ukraine en cas de nouvelle agression, offrant une protection quasi-similaire à celle de l'OTAN ;
- l'appui économique : une aide massive à la reconstruction est actée pour relancer le pays.
Les États-Unis, représentés par des émissaires, ont confirmé qu'ils apporteraient un soutien en matière de renseignement et de logistique, laissant aux Européens la charge de la présence physique.
Un engagement conditionnel sous la menace de Moscou
Il faut toutefois garder à l'esprit que ce dispositif n'est pas immédiat. L'activation de la force est "strictement conditionnelle" à la signature d'un cessez-le-feu et d'un accord de paix effectif. C'est un pari sur l'avenir qui vise à rassurer Kiev lors des négociations. Volodymyr Zelensky a d'ailleurs salué des "documents substantiels" et non de simples paroles, soulignant l'importance des conséquences des garanties de sécurité pour l'Ukraine dans le rapport de force actuel.
Cependant, les risques demeurent élevés. La Russie a immédiatement réagi, avertissant qu'elle considérerait toute présence militaire occidentale comme une "cible légitime", rapporte RTL Info . De plus, certains partenaires comme l'Allemagne ou l'Italie restent flous sur le volume exact de leur contribution. La solidité de la Coalition des volontaires pour la paix en Ukraine sera donc testée dès les prochaines semaines, alors que les détails opérationnels doivent encore être affinés.