Commissaire Moulin : Yves Rénier spolié par la production ? Sa veuve porte plainte

Publié par Matthieu Chauvin
le 26/01/2026
Yves Rénier
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Quatre ans après la mort d'Yves Rénier, sa veuve Karin engage un bras de fer judiciaire contre la production de Commissaire Moulin. Elle réclame 50 % des recettes contractuellement dues à son époux. L'affaire est-elle prescrite ? La Cour d'appel tranchera le 27 février.

C'est une affaire qui jette une ombre amère sur la mémoire de l'un des flics les plus célèbres du petit écran. La disparition d'Yves Rénier en avril 2021 a laissé un grand vide dans le cœur des téléspectateurs, mais elle a surtout ouvert la boîte de Pandore pour sa famille. Aujourd'hui, sa veuve, Karin Rénier, mène une véritable croisade pour rétablir une vérité financière dissimulée pendant des décennies.

Au cœur de ce scandale ? Un contrat oublié et des millions d'euros potentiels qui se sont évaporés. Alors que l'acteur pensait avoir sécurisé l'avenir des siens, il semblerait qu'il n'ait jamais perçu la rémunération qui lui était due pour son travail de l'ombre sur la série culte Commissaire Moulin. On fait le point sur ce dossier explosif.

Comment un contrat secret a-t-il mis le feu aux poudres ?

Tout commence après les obsèques, lorsque Karin Rénier met de l'ordre dans les papiers de son défunt mari. Elle tombe alors sur un document édifiant : un contrat stipulant qu'Yves Rénier était coproducteur délégué de 30 épisodes de la série, spécifiquement du 17e au 47e. Selon les clauses, il aurait dû percevoir 50 % des recettes générées par la diffusion des épisodes. Pourtant, la réalité est tout autre.

Malgré les innombrables rediffusions sur TF1, TMC ou CStar, "il n'a rien touché", déplore sa veuve. Comment une telle omission a-t-elle été possible ? Pour maître Céline Bekerman, l'avocate de la famille, l'explication réside dans la personnalité même de l'artiste. "Yves Rénier n'était pas un homme d'argent, il n'était pas très organisé dans ses affaires. C'était une proie idéale", confie-t-elle au Parisien. Le constat de l'avocate est sans appel : elle évoque des faits s'apparentant à du "vol, escroquerie et abus de confiance" concernant ces droits de diffusion non versés à Yves Rénier.

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La justice va-t-elle valider la prescription des faits ?

Face à ces accusations, la société mise en cause, Sirius Media Production (anciennement PM S.A.), ne l'entend pas de cette oreille. Leur ligne de défense est claire : la série s'étant arrêtée en 2008, les faits seraient trop anciens pour être jugés. C'est tout l'enjeu de la décision de la Cour d'appel, attendue avec anxiété.

Le camp Rénier contre-attaque en affirmant que le délai de prescription ne peut courir qu'à partir de la découverte de l'infraction, soit après le décès de l'acteur en 2021. L'audience s'est tenue le 22 janvier dernier devant la cour d'appel de Paris pour trancher ce nœud gordien juridique. Le verdict tombera le 27 février prochain. Si la justice valide la prescription, le combat s'arrêtera net, laissant la famille sans recours.

Quel est le montant exact du préjudice financier ?

Pour l'heure, l'opacité règne. L'objectif premier de cette action en justice est d'obtenir la communication des "comptes d'exploitation" pour chiffrer précisément le montant supposément spolié. Sans ces documents, il est impossible de savoir combien de millions ont été générés par l'exploitation de la série sur les vingt dernières années.

Du côté de la défense, c'est le silence radio ou le renvoi de balle. Alain Pancrazi, l'ancien producteur historique, assure à l'AFP avoir "quitté la société il y a huit ans" et se dédouane de toute responsabilité actuelle. Quant à la direction actuelle de Sirius Media Production, elle se refuse à tout commentaire. 

Une chose est sûre : la veuve de l'inoubliable Commissaire Moulin ne lâchera rien. "Nous irons jusqu'au bout pour que justice soit rendue", promet son conseil. Karin Rénier poursuit son combat judiciaire pour l'héritage de son mari, déterminée à honorer sa mémoire.

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