Nordahl Lelandais condamné en appel : son autorité parentale définitivement retirée ?
Ce mardi 20 janvier 2026, la justice a rendu une décision lourde de conséquences pour l'ancien militaire, déjà condamné à la perpétuité. La cour d'appel de Colmar a validé la peine d'un an de prison ferme prononcée en première instance pour des violences conjugales, mais a surtout durci les mesures d'éloignement, isolant davantage le détenu de son cadre familial. Au-delà de la sanction, cette affaire soulève désormais une question de droit complexe qui sera tranchée par la plus haute juridiction : l'utilisation des caméras de surveillance comme preuve judiciaire dans l'intimité d'un parloir.
Un isolement familial total acté par les juges
La décision de la cour d'appel ne se limite pas à la peine d'emprisonnement. Les magistrats ont confirmé le retrait total de l'autorité parentale de Nordahl Lelandais sur son fils âgé de deux ans. Cette mesure drastique vise, selon les mots du tribunal rapportés par Le Figaro, à préserver l'enfant de la "pression médiatique" et des comportements violents de son père. L'interdiction d'entrer en contact avec son fils pour une durée de trois ans est maintenue, gravant dans le marbre les conséquences des violences commises au parloir.
Les juges sont allés plus loin qu'en première instance en ajoutant une interdiction de contact de deux ans avec la mère de l'enfant. Cette décision intervient alors que le retrait de l'autorité parentale de Nordahl Lelandais apparaît comme une protection nécessaire face à la scène qui s'est déroulée sous les yeux du petit garçon. Pour la justice, l'intérêt supérieur de l'enfant prime ici sur le maintien du lien familial, qualifié de toxique dans ce contexte carcéral.
Son ex-compagne à la rescousse !
Les faits remontent à juin dernier, au sein de la maison centrale d'Ensisheim. Selon les éléments du dossier cités par Brut, l'agression est sans équivoque : le détenu aurait "violemment saisi sa compagne par les cheveux avant de lui porter une main autour du cou ." Une scène d'une violence inouïe qui a justifié cette condamnation, malgré la position surprenante de la victime présumée.
En effet, la compagne du détenu a refusé de se constituer partie civile. Elle a soutenu devant la cour que les gestes observés étaient une "simulation" destinée à l'entraîner à réagir face à un danger extérieur. Une version des faits balayée par l'accusation et les juges, qui se sont appuyés sur les images de la vidéosurveillance. C'est précisément cet élément de preuve qui déclenche aujourd'hui une nouvelle bataille procédurale.
La légalité de la vidéosurveillance au parloir contestée
L'affaire prend désormais une tournure juridique technique qui pourrait faire date. L'avocat de la défense a immédiatement annoncé un pourvoi, contestant formellement la légalité de la vidéosurveillance au parloir de prison utilisée pour incriminer son client. Selon Sud Ouest, la défense estime que cet enregistrement constitue une ingérence disproportionnée.
L'enjeu dépasse le cas Lelandais : il s'agit de définir si la sécurité pénitentiaire peut systématiquement prévaloir sur l'intimité des échanges.
Ce pourvoi en cassation 'appuie notamment sur la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH). La Cour de cassation devra déterminer l'équilibre entre le droit à la vie privée du détenu et la vidéosurveillance des espaces de visite. Si la Haute Juridiction venait à invalider ce mode de preuve, cela pourrait fragiliser l'ensemble de la procédure et créer un précédent pour les droits des détenus en France.