Crans-Montana : des victimes infectées par une bactérie résistante à l’hôpital de Zurich
Le bilan humain de l'incendie du bar Le Constellation continue de s'alourdir. Alors que les équipes médicales se battent pour sauver les blessés, un nouvel obstacle sanitaire vient perturber la convalescence de plusieurs patients transférés en Suisse alémanique. Une infection bactérienne s'est déclarée au sein du service de soins intensifs.
Des survivants contaminés au CHU de Zurich
Selon les informations communiquées, quatre des 116 blessés de la tragédie ont contracté un germe bactérien multirésistant durant leur hospitalisation à l'Hôpital universitaire de Zurich. Parmi les personnes touchées figurait le jeune Alexis, âgé de 18 ans. Ce dernier, malheureusement devenu la 41e victime décédée des suites de l'incendie, avait développé cette infection avant sa mort. Toutefois, les médecins restent prudents sur la relation de cause à effet : il n'est pas établi formellement que son décès soit directement imputable à cette bactérie. Le coupable identifié est l'Acinetobacter baumannii, un agent pathogène classé comme "bactérie nosocomiale" et redouté pour sa résistance aux traitements antibiotiques classiques.
Une menace persistante pour les grands brûlés
Cette situation n'est pas inédite pour les services de pointe traitant des pathologies lourdes. Marcel Schlatter, porte-parole de l'hôpital universitaire de Zurich, a confirmé la présence du germe. Il explique : « Malheureusement, la bactérie Acinetobacter baumannii réapparaît régulièrement dans le cadre du traitement des grands brûlés », rapporte Le Dauphiné Libéré. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que l'établissement fait face à ce défi sanitaire. L'unité spécialisée a déjà été confrontée à cet agent pathogène en 2022. Un précédent avait également marqué la Belgique en février 2020, avec six cas recensés et deux décès. Face à cette résurgence, l'hôpital assure avoir réagi pour sécuriser les autres patients. M. Schlatter précise que l'équipe a « réussi à prévenir d'autres transmissions au cours des quatre dernières semaines », limitant ainsi la propagation de l'infection nosocomiale après l'incendie de Crans-Montana.
Un taux de mortalité particulièrement inquiétant
La nature même de ce germe préoccupe les spécialistes en microbiologie. La Société Française de Microbiologie (SFM) souligne que, bien que cette bactérie ne soit pas la plus fréquente, « sa diffusion sous forme d’épidémies intra-établissements la rend néanmoins redoutable ». Sa dangerosité réside dans sa « grande capacité de survie (...) dans l’environnement hospitalier », un facteur qui favorise les contaminations croisées malgré les protocoles d'hygiène stricts. Les conséquences pour les patients, dont le système immunitaire est déjà fragilisé, sont lourdes.
Les infections provoquées par ce germe sont « grevées d'une mortalité variant de 16 à 76 % », indique la SFM. Outre le risque immédiat pour la santé, la présence d'Acinetobacter baumannii entraîne une augmentation significative de la durée des séjours et des coûts d'hospitalisation. Dans les scénarios les plus critiques, ces épidémies peuvent contraindre les établissements à « conduire parfois à la fermeture des services cliniques » pour une décontamination totale.