Pénurie de carburant en avril : les mesures annoncées par les autorités pour y pallier
Se dirige-t-on vers une pénurie mondiale de pétrole à cause du conflit russo-ukranien ? C'est ce que craint l'Agence internationale de l'énergie, qui préconise 10 mesures choc pour y faire face dès maintenant. Télétravail, vitesse limitée et journées sans voiture, transports en commun chamboulés… Voici à quoi pourrait ressembler votre quotidien dans quelques semaines.

La France, tout comme la plupart des pays occidentaux, se dirige vraisemblablement vers une pénurie de pétrole, selon les prévisions de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). La faute à la guerre menée par la Russie en Ukraine depuis plusieurs semaines.

Car avec 8 millions de barils par jour, la Russie est le plus gros exportateur mondial de pétrole. Les sanctions économiques imposées à l'État belligérant depuis le 24 février 2022 ont donc de lourdes conséquences sur l’économie globale. L’on se dirigerait même vers un choc pétrolier, comparable, en intensité à celui de 1973. La pénurie de carburants est déjà une réalité dans certains endroits de France, comme en Corse, où le dépôt pétrolier de Lucciana est bloqué par les agriculteurs pour le sixième jour consécutif. En effet, ce mardi 22 mars, environ environ 90% des stations ont déjà fermé selon Corse Net Infos. Au-delà des stations-service, tous les secteurs d'activité seront rapidement impactés dans les prochains jours.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) de l’OCDE prévoit une pénurie de 3 millions de barils de russes par jour à partir de début avril.  Il y a donc urgence.

L’organisation internationale a donc établi une liste de 10 recommandations à appliquer sans attendre, à destination des gouvernements et des entreprises. Ces mesures, qui visent à réduire la consommation mondiale de pétrole, pourraient totalement chambouler notre quotidien dans les prochaines semaines, et s’étaler sur plusieurs mois.

Selon l’AIE, elles permettraient de réduire la consommation de pétrole de 2,7 millions de barils par jour en l’espace de quatre mois. C’est l'équivalent de la consommation de toutes les voitures en Chine.

Ces préconisations ont un air de déjà-vu : elles ressemblent beaucoup aux mesures que certains pays occidentaux avaient mises en place en 1973, suite au premier choc pétrolier. En France, à l’époque, de nombreuses décisions sont prises par les autorités de l’époque pour tenter de diminuer les effets de la crise et éviter la pénurie.

Les mesures prises en 1973 dans plusieurs pays :

  • L’arrêt de tous les programmes télévisés après 23 heures
  • Les vitrines des magasins et les monuments éteints la nuit
  • La vitesse abaissée pour les voitures
  • Coupons et rationnement sur l’essence
  • Fermeture des écoles un jour par semaine
  • Des coupures d’électricité à heures fixes
  • Le chauffage plafonné dans les logements...

Des dispositions à prendre d'ici deux semaines

L’AIE a ajouté que ces préconisations, pour qu’elles soient efficaces, doivent être prises d’ici à deux semaines.

Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, a salué "des idées intéressantes" lors d'une conférence de presse. Reste à savoir quand et comment le gouvernement français décidera de les mettre en application. Ce mercredi 23 mars, le premier Ministre Jean Castex a présenté un plan de résilience national pour faire face à la crise des carburants et la flambée des prix. Ce dispositif inédit a pour but d’accompagner les ménages et les entreprises face à la flambée des prix et au risque de pénurie, mais aussi d'assurer une meilleure indépendance énergétique de la France. "L’existence de stocks stratégiques de produits pétroliers, de stocks de gaz et la sortie de l’hiver permettent d’écarter le risque de rupture structurelle d’approvisionnement en gaz et pétrole à court terme", précise le rapport officiel présentant les détails du plan. Parmi les mesures, on retrouve la mise en place d’une mesure d’urgence temporaire, ciblée et plafonnée, sous forme de subventions, à destination des entreprises les plus fragilisées par le conflit, ou bien  la prolongation jusqu’au 30 juin 2022 du Prêt garanti par l’État (PGE) mis en place pendant la pandémie. 

Découvrez les 10 mesures de l'Agence internationale de l'énergie qui vont probablement impacter notre quotidien dans notre diaporama.

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Réduction de la vitesse sur les routes

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Réduction de la vitesse sur les routes

La vitesse sur les autoroutes doit être réduite d’au moins 10 km/h, préconise l’AIE.  

Cette mesure permettrait d’économiser 290 000 barils de pétrole par jour si elle ne concerne que les voitures, et jusqu’à 430 000 barils si les poids lourds l’appliquent aussi. 

3 jours de télétravail obligatoire

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3 jours de télétravail obligatoire

Après la pandémie de Covid, la crise de l’énergie pourrait, elle aussi, avoir besoin du télétravail. Selon l’AIE, un jour de télétravail représenterait une économie de 170 000 barils de pétrole par jour, et 500 000 barils quand il est poussé à trois jours par semaine. 

Des journées sans voitures

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Des journées sans voitures

Des dimanches sans voitures avaient été introduits dans plusieurs pays européens lors du choc pétrolier de 1973. Ils pourraient bien faire leur retour dans les grandes villes.

Selon l’AIE, cette disposition reviendrait à économiser 380 000 barils de pétrole.

Plus de covoiturage

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Plus de covoiturage

Le covoiturage permettrait de réduire la consommation de pétrole, “mais aussi d’argent”, précise l’AIE. L’agence invite aussi les particuliers à vérifier la pression des pneus et à diminuer la climatisation dans leurs véhicules. 

Davantage de covoiturage permettrait d’économie environ 470 000 barils de pétrole à court terme. 

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Des mesures pour les poids-lourds

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Des mesures pour les poids-lourds

L’AIE préconise également une baisse des livraisons, l’optimisation de l’organisation des sociétés de livraisons pour limiter les trajets à vide, ainsi qu’une meilleure formation des conducteurs de poids lourds.. Ces dispositions permettraient d’économiser 320 000 barils de pétrole par jour.

Des transports en commun moins chers ou gratuits

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Des transports en commun moins chers ou gratuits

Réduire le prix des transports en commun, inciter les usagers à marcher où à prendre lé vélo.. Ce sont aussi les propositions de l’AIE pour économiser du carburant.

En France,  des villes comme Dunkerque, Clermont-Ferrand ou Douai ont récemment rendu leurs réseaux gratuits. 

Supprimer des vols d'affaires

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Supprimer des vols d'affaires

Selon l’AIE, “les trajets des passagers en premium consomment trois fois plus de pétrole que ceux de la classe économique”. La solution : supprimer ces voyages, et les remplacer par des visioconférences. Ainsi, en évitant deux voyages d’affaires sur cinq, l’on pourrait économiser près de 260 000 barils par jour, selon les calculs de l’agence. 

Instaurer une circulation différenciée en ville

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Instaurer une circulation différenciée en ville

La circulation alternée, une mesure déjà appliquée en France lors des pics de pollution, pourrait devenir pérenne. C’est en tout cas le souhait de l’AIE. Cette disposition permettrait d'économiser 210 000 barils de pétrole par jour. 

Plus de trains de nuit

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Plus de trains de nuit

Les pays doivent arrêter les lignes aériennes entre des villes situées à moins de 1000 kilomètres l’une de l’autre et instaurer des lois contre les vols à vide, selon l’AIE, et développer davantage leur réseau de trains nocturnes. 

Plus de voitures éléctriques

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Plus de voitures éléctriques

Le nombre de voitures électriques en circulation n’est pas suffisant, selon l’AIE. Il faut donc démocratiser leur usage, et accélérer les ventes en cours. Ces véhicules sont en effet bien plus économes en carburant, et permettraient des économies substantielles de barils.