Drame de Crans-Montana : le gérant du bar incarcéré pour "risque de fuite"

Publié par Matthieu Chauvin
le 09/01/2026
Barreaux prison
Istock
Huit jours après l'incendie meurtrier du bar "Le Constellation", Jacques Moretti a été placé en détention préventive le 9 janvier 2026 en raison d'un risque de fuite jugé concret par la justice valaisanne. Les éléments suspects commencent à s'accumuler envers celui qu'on surnomme "Le Corse." Sa compagne reste pour l'instant en liberté.

Le canton du Valais est encore sous le choc après le drame qui a coûté la vie à 40 personnes le soir du Nouvel An. Alors que l'enquête bat son plein pour déterminer les responsabilités exactes de cette tragédie, une étape décisive a été franchie ce vendredi. Après une audition marathon, le Ministère public a décidé de placer l'un des deux co-gérants derrière les barreaux, marquant un tournant dans l'instruction.

Jacques Moretti incarcéré

Le vendredi 9 janvier 2026, Jacques Moretti, co-gérant de l'établissement, a été placé en détention provisoire à l'issue de son audition à Sion. Cette décision tranche avec celle prise pour son épouse. En effet, alors que des mesures de substitution ont été accordées à Jessica Moretti, lui permettant de rester libre sous conditions, son mari a été conduit en cellule. Le Ministère public justifie ce revirement par une "nouvelle analyse détaillée" de la situation.

Selon les informations rapportées par RTS, les autorités judiciaires ont estimé que les critères de la détention préventive en droit suisse, et particulièrement le risque de fuite, étaient désormais réunis. Contrairement aux premières déclarations de la police cantonale le 4 janvier, qui ne jugeait pas la contrainte nécessaire à ce stade, les éléments recueillis lors des interrogatoires ont changé la donne. C'est donc la raison de l'incarcération de Jacques Moretti : la crainte qu'il ne tente de se soustraire à la justice helvétique.

Le poids du passé et de la mobilité

Pour motiver cette décision, le procureur a explicitement évoqué la situation personnelle de l'intéressé. Dans son communiqué, le parquet précise que c'est "compte tenu de ses déclarations, de son parcours de vie et de sa situation en Suisse et à l'étranger" que le risque a été évalué. Ce "parcours de vie" semble être au cœur des inquiétudes des juges.

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Jacques Moretti est un ressortissant français. Or, la France n'extrade pas ses propres nationaux, ce qui compliquerait considérablement la procédure s'il venait à passer la frontière. De plus, son profil itinérant, ayant travaillé en Corse et en Haute-Savoie avant de s'installer en Valais, témoigne d'une certaine mobilité. Enfin, des médias comme Blick rappellent que l'homme est connu de la justice française, ayant été condamné pour proxénétisme à la fin des années 2000. Ce passé judiciaire, combiné à la gravité des charges actuelles, a pesé lourd dans la balance.

Les prochaines étapes de l'instruction

La procédure ne fait que commencer. La mesure de détention doit maintenant être validée par le Tribunal des mesures de contrainte (TMC) dans un délai de 48 heures. Si elle est confirmée, elle pourra être renouvelée par tranches de trois mois. Sur le fond, l'enquête technique se poursuit pour comprendre comment les feux d'artifice de type "fontaines" ont pu embraser le plafond de l'établissement.

Les charges qui pèsent sur le couple sont lourdes : "homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence." En cas de condamnation, les conséquences de l'homicide par négligence en Suisse peuvent être sévères, surtout au regard du nombre dramatique de victimes. La justice devra déterminer si les normes de sécurité et les voies d'évacuation étaient conformes, des éléments cruciaux pour la suite du dossier.

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