Incendie en Suisse : la mousse de polyuréthane est-elle un danger dans votre maison ?
Lors de la nuit du Nouvel An 2025-2026, un incendie ravageait un bar bondé. Le coupable désigné par l'enquête ? Des panneaux acoustiques au plafond, suspectés d'avoir propagé les flammes à une vitesse fulgurante. Ce drame met en lumière le potentiel danger de la mousse polyuréthane lors d'un incendie de maison, interrogeant sur la sécurité des particuliers.
Ce matériau, omniprésent dans la construction pour ses qualités thermiques, possède en effet une face sombre. S'il isole parfaitement du froid, sa réaction au feu peut être catastrophique s'il n'est pas correctement mis en œuvre. Alors que l'enquête se poursuit sur la responsabilité des gérants et la conformité de l'installation, la question se pose : l'isolation polyuréthane est-elle un danger dans votre logement ?
Pourquoi la mousse devient-elle mortelle en brûlant ?
Le drame de Crans-Montana, avec son lourd bilan de 40 morts (dont 9 Français) et 119 blessés, a souligné un fait terrifiant : ce ne sont pas toujours les flammes qui tuent en premier, mais les fumées. La mousse de polyuréthane (PU), lorsqu'elle entre en combustion, dégage des substances extrêmement nocives.
Comme le soulignent plusieurs rapports d'experts, la combustion de ce matériau libère des gaz tels que le monoxyde de carbone et surtout le cyanure d'hydrogène. Ce dernier est un poison violent qui, inhalé dans un espace confiné, peut être fatal en quelques minutes. C'est cette toxicité des fumées, particulièrement dans une maison ancienne où la ventilation peut être défaillante, qui inquiète les spécialistes. Contrairement à la laine de verre ou de roche qui sont quasiment incombustibles, le polyuréthane est un matériau à l'origine organique qui, sans traitement spécifique, participe activement au feu.
La règlementation sur la réaction au feu du polyuréthane en ERP (Établissement Recevant du Public) est drastique, exigeant souvent des matériaux classés M1 (non inflammables). Cependant, dans le secteur résidentiel privé, les règles ont évolué avec le temps, laissant parfois subsister des installations obsolètes.
Isolant thermique ou combustible : où se situe la limite ?
Il ne faut pourtant pas céder à la panique et arracher tous vos murs. Le polyuréthane reste un isolant thermique exceptionnel, léger et performant. Le véritable enjeu réside dans sa fabrication et, surtout, dans sa mise en œuvre. Un panneau isolant industriel moderne n'a rien à voir avec une mousse projetée de manière artisanale il y a trente ans.
La nuance est technique mais vitale : le danger apparaît lorsque le matériau n'est pas traité avec des retardateurs de flamme ou lorsqu'il est laissé à nu. Les panneaux isolants installés dans les règles de l'art sont conçus pour être intégrés dans un système constructif global. Concrètement, ils ne doivent jamais être directement exposés à l'air libre dans une pièce de vie. Ils doivent impérativement être recouverts d'un écran thermique, généralement une plaque de plâtre (Placo), qui agit comme un coupe-feu retardant la montée en température de l'isolant.
Tout repose donc sur la norme d'isolation du polyuréthane et sa résistance au feu : les produits récents affichent des classements Euroclasses (comme B-s1, d0) garantissant une faible combustibilité et une production de fumée limitée.
Comment identifier et sécuriser votre isolation ?
Vous ignorez ce qui se cache derrière vos cloisons ? C'est le cas de nombreux propriétaires. Pour savoir comment identifier de la mousse polyuréthane dans l'isolation d'un mur, il faut souvent se référer aux factures de rénovation ou au Diagnostic de Performance Énergétique (DPE). Si vous avez un doute, notamment dans des combles aménagés ou des garages où l'isolant pourrait être apparent, une inspection visuelle est nécessaire.
Recherchez des panneaux rigides jaunâtres ou une mousse projetée alvéolée. Si vous constatez que ce matériau est à nu, sans protection de plâtre ou de parement coupe-feu, il y a un risque. Dans ce cas, l'intervention d'un professionnel est recommandée pour poser un parement protecteur adéquat.
En résumé, le polyuréthane n'est pas à proscrire, mais à surveiller. Pour vos futurs travaux, privilégiez des matériaux certifiés (marquage CE) et, si le budget le permet, orientez-vous vers des mousses de type PIR (polyisocyanurate), dont le comportement au feu est nettement amélioré par rapport au polyuréthane classique. Mais elles sont aussi plus chères...
Toutes ces informations sont à retrouver sur le site de la CAPEB.
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