Chaque année, la France verse des sommes considérables à l'Union Européenne, qui en restitue ensuite une partie... Ce qui n'est pas nécessairement sans coût pour les Français.
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Union Européenne : plusieurs milliards versés par la France chaque année

Mardi dernier, Günther Oettinger a annoncé que les pays du l’est de l’Europe toucheront moins d’argent de Bruxelles à partir de 2021 et au moins jusqu’en 2027. Le commissaire européen au Budget a en effet estimé que ces pays étaient devenus "compétitifs" et qu’ils avaient "grandi économiquement", comme l’indique Le Figaro.

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Cette évolution de la redistribution du budget de l’Union dépoussière une question qui a fait l’objet de nombreux débats pendant la campagne présidentielle de l’année dernière : combien coûte l’Europe au juste ? Selon les sources, les réponses sont multiples. Pour l’UPR, l’Union Européenne coûterait 7 milliards à la France, comme le précise le site du parti, bien que sur les plateaux François Asselineau évoque plutôt une perte de 9 milliards d’euros. Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan décrivent, eux, la perte comme une somme avoisinant les 8 milliards d’euros, rappelle Libération. En 2017, la commission européenne expliquait qu’en 2015, la France avait versé 4.5 milliards à l’Union. Un chiffre contesté par… Les institutions françaises qui calculent le total autrement. Selon elles, c’est 6.17 milliards que la France verse à l’Union Européenne.

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Pour Frédéric Farah, économiste, chercheur affilié au PHARE, enseignant à l’université Panthéon-Sorbonne, quelque soit la somme exacte, "elle n’est pas dérisoire, d’autant plus que le gouvernement actuel a décidé d’augmenter la contribution payée par la France". La France fait partie des pays dits "contributeurs", c'est-à-dire qu’elle verse à l’Europe davantage qu’elle ne reçoit en rétribution. "On peut légitimement considérer qu’il y a un déséquilibre, particulièrement quand l’Union Européenne, décide de minimiser le poids de la Politique Agricole Commune (PAC), ce qui va forcément avoir un impact sur nos agriculteurs", souligne l’économiste.

Car naturellement, même s’il ne s’agit pas d’une somme réglée directement par les Français, elle se répercute sur nos portefeuilles. "Le chiffre exact est très difficile à calculer, compte tenu de la difficulté à connaître la somme précise reversée par la France à l’UE, mais aussi parce que ce n’est pas un impôt européen facile à identifier. Le contrecoup de la somme versé est multiple. A en croire la commission, l’Union Européenne coûtait environ 200 euros à chaque français en 2011", détaille le chercheur pour qui, il l’assure, il est compliqué de fournir un chiffre plus précis. "N’oublions pas non plus qu’il s’agit d’une approche comptable. Pour mesurer véritablement ce que coûte l’UE il faut replacer ça dans son contexte… Ce n’est pas seulement une série de coûts c’est aussi, par exemple, l’accès à un marché de 500 millions d’habitants."

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Union Européenne : les Français prêt à payer pour elle ?

Si ce type d’approche paraît "limitée" aux yeux de Frédéric Farah, il juge néanmoins que des pays comme la France ou l’Italie serait légitime à "taper du poing sur la table", compte-tenu du "déséquilibre" qu’il pointe du doigt.

La question, si comptable qu’elle puisse être, traduit selon lui l’échec du fédéralisme européen. "Demander combien l’Europe coûte par tête, c’est souligner une inquiétude réelles des contribuables. Pour une partie considérable d’entre eux, ils n’apparaissent pas prêt à faire corps financièrement pour l’Union Européenne", juge l’économiste.