Daniel Percheron, président du Conseil Régional du Nord Pas-de-Calais, semble courir au devant d’une polémique relative à la nomination de sa fille à un haut poste culturel de l’institution. Jugée arbitraire, certains hauts fonctionnaires nordistes en défendent  pourtant bec et ongles la légitimité. 

Daniel Percheron. © PHILIPPE HUGUEN / AFP

Vacant suite au départ de son titulaire le 1er octobre dernier, le poste de Directeur Général Adjoint (DGA) de la mission "Attractivité et Solidarités" du conseil régional de la région Nord Pas-de-Calais s’est retrouvé dans la nécessité de le repourvoir au plus vite. Cependant, le président du Conseil, Daniel Percheron, a "souhaité lancer un appel à candidatures alors que pour ce type de poste, il pouvait nommer quelqu’un directement", explique François Delagrange, directeur du cabinet de Percheron, au journal DailyNord. La raison invoquée pour l’explication de cette décision résiderait en la présence, parmi les quatre candidats, de sa fille, Elvire Percheron. C’est d’ailleurs elle, au terme des auditions, qui a été nommée, entraînant le mécontentement de nombreux fonctionnaires.

Une démarche en apparente bonne et due forme vivement décriée

Déjà conseillère spéciale en matière de culture au sein de l’institution, promotion qui avait alors fait l’objet d’un tollé, la fille du président, jugée idéalement compétente et qualifiée pour le poste à pourvoir, est considérée comme la candidate idéale par les proches de son père. C’est au terme d’une longue audition, tenue par des hauts fonctionnaires du Conseil, que celle-ci a finalement décroché le poste en se démarquant des quatre autres candidats. Une promotion arguée comme exempte de tout lien de parenté avec son Président de père, décrite comme uniquement motivée par ses nombreuses qualités. Seulement, nombre des fonctionnaires de l’institution n’entendent pas la nouvelle de la même oreille. Selon eux, cette affaire n’aurait d’autre tenant qu’un pistonnage éhonté. Et l’un d’entre eux d’affirmer que la nouvelle DGA "n’a ni les diplômes, ni les qualités d’encadrement nécessaires pour un tel poste". Un autre fait preuve de sarcasme, en expliquant que cette dernière aurait "comme les autres postulants affronté le feu roulant des questions d’un jury uniquement composé de hauts fonctionnaires du Conseil Régional. En clair, ce sont les employés du patron qui étaient appelés à se prononcer sur l’avenir de sa fille."

Discrimination négative

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Afin de légitimer cette nomination, Daniel Percheron a choisi de la pondérer en privant sa fille des avantages offerts par ce poste. Ainsi conservera-t-elle son salaire de conseillère, soit 4500 euros, ne bénéficiant pas des 7000 euros mensuels sensés rémunérer sa nouvelle fonction. De plus, le président a exigé que le contrat de sa fille s’achève à la fin de son mandat, le 15 mars 2015. Cette affaire est d’autant plus délicate qu’elle fait écho à la polémique qui, 18 mois auparavant et pour des raisons similaires, avait vu Elvire Percheron renoncer à sa nomination au poste d’administratrice adjointe du Louvre-Lens.

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