Marine, l'occupation et les juges

Marine Le Pen comparaissait, le 20 octobre 2015, devant la justice ; le grief invoqué est "l'incitation à la haine raciale" ; le corps du délit est l'utilisation du mot "occupation", à propos des prières dans la rue, après une évocation de l'Occupation nazie.

Le procureur a demandé la relaxe. Je ne suis pas juriste et ne suis donc pas en mesure de commenter cet avis. Par contre, je partage le point de vue de l'hebdomadaire Valeurs actuelles sur "ce qu'on n'a plus le droit de dire" en matière d'immigration.

Plus généralement, ce n'est pas parce qu'il y a eu le maréchal Pétain (mis au pouvoir par la gauche) qu'on n'a pas le droit de considérer le travail, la famille et même la patrie comme trois valeurs de référence pour la France.

Alors, a-t-on le droit d'utiliser le mot "occupation" ? Beaucoup de commentateurs affirment que l'inquiétude face à l'immigration est une crise identitaire. Je n'en crois rien. Le Français moyen sait très bien où il est, en général beaucoup mieux que les (pseudo-)intellectuels.

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La cause de son inquiétude est limpide : il constate que la France est occupée (c'est le mot adéquat) par des émigrés, ou des descendants d'émigrés, ayant d'autres coutumes, une autre échelle de valeurs, parfois une autre couleur de peau. Les prières organisées sur les voies publiques en sont une manifestation exemplaire mais l'occupation est partout.

Omniprésente dans certains quartiers, dans certaines rames de métro ou sur certains marchés. Délibérément ostentatoire avec le port du voile ou, a fortiori, du niqab.

Certes, cette occupation est complètement différente de l'Occupation nazie, à tous points de vue. Mais, pour une partie des Français, le ressenti d'étouffement est analogue. Nier cette donnée anthropologique est absurde et contre-productif. Au contraire, il faut la voir en face pour mieux organiser le "vivre ensemble".

Sur ce point, la décision du procureur me semble bonne et j'espère que le tribunal suivra cet avis. Que certaines organisations gauchistes aient porté plainte n'est pas surprenant. Mais il y a aussi l'Observatoire national contre l'Islamophobie du Conseil français du culte musulman (CFCM) : cela me semble une grave erreur. Le CFCM n'a rien à gagner dans ces joutes politiciennes.

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