Laurent Wauquiez et les Paradise Papers

Mettons d’abord les choses au point : tous les spécialistes étaient parfaitement au courant des dérives dénoncées dans les Paradise Papers ; le seule nouveauté est d’avoir quelques noms à se mettre sous la dent. Notons aussi que ces "révélations" ne sont que la partie émergée de l’iceberg : celui-ci est cent, voire mille, fois plus étoffé.

Le gouvernement français et la Commission européenne ont commencé à déminer le terrain ; l’argumentaire est classique : on a déjà fait beaucoup de progrès et on va encore faire mieux. La réalité est tout autre. L’optimisation fiscale a plusieurs longueurs d’avance, comme toujours. Les décisions récentes ou à venir auraient été utiles il y a vingt ans : aujourd’hui, on n’en est plus là. Et, il n’y a pas que cela. L’émission d’Élise Lucet nous a expliqué comment un groupe devenait le leader mondial du soja : quand ce holding aura tous les pouvoirs, on peut "espérer" une crise du soja bien pire que la petite éruption autour du beurre

Il faut d’abord bien comprendre que l’Europe, dans son fonctionnement actuel, est totalement démunie face à la mondialisation de la finance et contre la surpuissance des multinationales, notamment à cause de la diversité de ses intérêts et de la règle de l’unanimité en matière fiscale. Or, l’un des axes prioritaires de notre Président est d’accepter les directives européennes, en faisant semblant de proposer des améliorations. De plus, il est clair que le cœur de monsieur Macron bat au rythme des personnes les plus riches de la planète.

La seule solution pour limiter l’évasion fiscale, qu’elle soit, ou non, légale, est de rendre du pouvoir à chaque pays. J’ai déjà souvent dit qu’il suffirait d’un peu de courage politique pour complètement modifier les règles absurdes actuelles. Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen sont clairement en accord avec cette orientation. Reste la grande inconnue : comment va se situer Laurent Wauquiez. Celui-ci a pris une option "droitisée" en ce qui concerne les réfugiés et la sécurité. Mais que va-t-il proposer sur le plan financier ? Je pense qu’ il s’agit là d’un choix déterminant pour son avenir politique et celui de la droite classique.

Je rappelle aussi que, selon moi, donner, peu à peu, tous les pouvoirs aux très riches est un danger aussi terrifiant que ne le furent le communisme stalinien et le nazisme. La résistible ascension d’Hitler, opportunément rappelée par des prix littéraires, ressemble étrangement à celle des puissances de l’argent. 

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