Une enseigne populaire auprès des familles face à la menace de fermeture
Nouveau coup de tonnerre dans le secteur du prêt-à-porter tricolore. Après une année 2025 éprouvante pour de nombreuses enseignes, le groupe nordiste IDKids a annoncé avoir déposé une demande de placement en redressement judiciaire. Officialisée ce 27 janvier 2026, cette démarche vise à geler le passif de l'entreprise pour lui permettre de se restructurer sans cesser son activité.
Une procédure limitée aux activités françaises
Le groupe a pris la décision de solliciter la protection du tribunal pour ses entités majeures dans l'Hexagone. Cette demande concerne spécifiquement les enseignes Okaïdi (mode enfant 3-14 ans), Obaïbi (0-3 ans), Oxybul (jeux et jouets) ainsi que la plateforme logistique IDLog située à Roubaix. Selon les informations rapportées par La Tribune, l'ambition de cette manœuvre est de "suspendre la globalité de l'endettement" pour sécuriser la transformation des marques.
Toutes les branches du groupe ne sont cependant pas logées à la même enseigne. Les marques non concernées par le redressement incluent la griffe premium Jacadi Paris, les filiales étrangères ainsi que l'ensemble du réseau de franchises. Le sort des entités concernées sera scellé lors d'une date d'audience au tribunal de commerce de Lille Métropole, fixée au 3 février prochain.
Le milieu de gamme victime de l'« effet sablier »
Pour justifier ces difficultés, la direction invoque un phénomène économique bien connu des experts du secteur : l'« effet sablier ». Les enseignes de milieu de gamme se retrouvent prises en étau entre la bonne santé des acteurs du luxe ou du premium, et la croissance fulgurante du low-cost et de l'ultra fast-fashion. À cela s'ajoutent, la pression des coûts et la montée en puissance de la seconde main qui ont pesé sur les résultats en 2025.
Okaïdi, marque historique du groupe, réalise pourtant un chiffre d'affaires de 600 millions d'euros, dont la moitié en France. Mais les contrastes financiers au sein d'IDKids (800 millions d'euros de CA total) sont saisissants. Alors qu'Okaïdi souffre, Jacadi Paris affiche une santé de fer avec une rentabilité en hausse de 35 % sur l'année écoulée. De son côté, Oxybul semble avoir réussi son repositionnement stratégique, disposant d'un modèle jugé "robuste" par la direction.
La priorité au maintien de l'emploi
L'enjeu central de cette restructuration demeure le sort des équipes. Environ 2 000 salariés sont directement touchés par les conséquences du redressement judiciaire d'Okaïdi et Obaïbi en France. La direction assure que la priorité absolue reste le maintien de l'activité et la sauvegarde des postes.
Pour les consommateurs, aucune perturbation immédiate n'est à prévoir. Le groupe affirme que la procédure n'aura aucun impact pour les clients : les magasins restent ouverts et les commandes honorées. La période d'observation qui s'ouvrira après l'audience devra permettre à Okaïdi de faire évoluer son modèle opérationnel pour "réaffirmer sa singularité" et assurer sa pérennité face à une concurrence exacerbée.