Défaillances d'entreprises 2025 : un record historique qui cache une accalmie ?
C'est un seuil symbolique et inquiétant qui a été frôlé l'année dernière. Avec un total de 69 957 procédures collectives ouvertes, l'année 2025 marque un record historique en matière de santé économique des sociétés françaises. Ce niveau, inédit depuis vingt ans, traduit une augmentation annuelle de 3,1 %. Toutefois, derrière ce chiffre global alarmant publié dans le bilan des défaillances d'entreprises Altares 2025, la dynamique trimestrielle raconte une histoire plus nuancée, laissant entrevoir une possible stabilisation.
Une décélération marquée en fin d'année
Si le bilan annuel est lourd, l'analyse temporelle offre une lueur d'espoir pour les acteurs économiques. Le quatrième trimestre 2025, bien qu'ayant enregistré un volume absolu jamais atteint pour cette période avec 19 024 procédures, montre un net essoufflement de la hausse. La progression s'est limitée à + 1,7 % sur les trois derniers mois, contre une envolée de + 10 % un an plus tôt.
Ce tassement suggère que le pic de la vague pourrait être passé. Thierry Millon, directeur des études chez Altares, évoque d'ailleurs une "accalmie prudente" pour l'avenir, tout en rappelant que le contexte économique reste fragile. Ce ralentissement des défaillances au 4e trimestre 2025 indique que, malgré une croissance atone, les entreprises parviennent progressivement à absorber les chocs successifs des dernières années.
Privilégier le redressement pour sauver l'emploi
L'impact social de ces difficultés financières reste majeur. Au total, 267 000 salariés ont vu leur poste menacé l'an passé, soit 11 000 de plus qu'en 2024. Pour limiter la casse sociale, les tribunaux de commerce semblent favoriser la continuité de l'activité. On observe ainsi une augmentation significative des redressements judiciaires (+ 8,6 %), tandis que les liquidations directes restent quasi stables (+ 0,9 %).
Cette tendance illustre bien la différence entre liquidation et redressement judiciaire pour les entreprises : la première signe la fin de la société, tandis que le second offre une chance de survie et de maintien de l'emploi. Le nombre d'emplois menacés par les faillites en 2025 aurait pu être bien plus élevé sans ce recours accru aux procédures de sauvegarde et de redressement, qui permettent à neuf PME-ETI sur dix d'éviter la fermeture immédiate.
Les grandes PME et l'industrie sous tension
Toutes les sociétés ne sont pas logées à la même enseigne face à la crise. Les structures les plus importantes, comptant plus de 100 salariés, ont vu leur sinistralité exploser de + 18,6 % sur l'année. Ces chiffres soulignent les lourdes conséquences des défaillances pour les PME en France, souvent prises en étau entre le remboursement des dettes Covid et l'inflation des coûts.
L'analyse sectorielle révèle également des disparités frappantes. Si le bâtiment, qui pèse pour un quart des dossiers, respire enfin avec une baisse de - 8,1% des défauts en fin d'année, d'autres domaines souffrent davantage. Parmi les secteurs d'activité les plus touchés par les défaillances, on retrouve l'industrie manufacturière et le secteur social, qui continuent d'afficher des taux de vulnérabilité élevés.