Maison Gainsbourg : un millionnaire ami de la famille la sauve la de la faillite

Publié par Matthieu Chauvin
le 09/01/2026
Maison Gainsbourg
Autre
Le tribunal a tranché. Après des mois d'incertitude et un conflit violent avec son ancien associé, Charlotte Gainsbourg voit le musée dédié à son père sauvé in extremis. C'est un proche, millionnaire, qui reprend les rênes de cette institution en péril malgré son succès populaire.

L'épée de Damoclès qui menaçait l'héritage culturel du 5 bis, rue de Verneuil vient enfin de se briser. La crainte de voir les portes du sanctuaire de Serge Gainsbourg se refermer définitivement a hanté les fans pendant de longs mois, mais le dénouement est désormais officiel. Ce 8 janvier 2026, le Tribunal des activités économiques de Paris a rendu un verdict que tout le clan attendait avec fébrilité.

C'est la fin d'un feuilleton judiciaire haletant où se mêlaient amitié, trahison et gros sous. Alors que plusieurs plans étaient sur la table, la justice a tranché en faveur de la stabilité et de l'affect, écartant les propositions jugées moins solides pour privilégier celle d'un homme de l'ombre, bien décidé à redonner ses lettres de noblesse au musée.

Philippe Dabi, le PDG qui a mis fin au redressement judiciaire

Le sauveur de la situation n'est pas un inconnu pour l'actrice et chanteuse. L'officialisation du rachat de la Maison Gainsbourg par Philippe Dabi marque l'arrivée d'un gestionnaire aguerri aux commandes. Président de la holding Avoda, cet ancien médecin biologiste a fait fortune en fondant le groupe de laboratoires Bioclinic, revendu pour une somme colossale en 2022. Mais au-delà des chiffres, c'est le cœur qui a parlé.

L'homme d'affaires a su convaincre les juges grâce à la solidité de son dossier, mais aussi par la sincérité de sa démarche. La fortune de Philippe Dabi et son lien avec Charlotte Gainsbourg ont pesé lourd dans la balance. Estimé à 100 millions d'euros selon Purepeople, son patrimoine lui permet d'éponger le passif, tandis que son amitié avec la fille de l'artiste garantit le respect de l'œuvre. "Je sais combien ce musée est important pour elle", a-t-il confié sobrement au Parisien, soulignant la dimension émotionnelle de cet investissement qui dépasse la simple logique comptable.

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Comment la Maison Gainsbourg a accumulé 4,5 millions d'euros de dettes ?

La situation financière de l'établissement relevait du paradoxe absolu. Depuis son ouverture en septembre 2023, le public était au rendez-vous, générant un chiffre d'affaires de 4 millions d'euros et affichant complet des mois à l'avance. Pourtant, les comptes étaient dans le rouge vif. C'est cette gestion calamiteuse qui a provoqué une accumulation de dettes, la conduisant tout droit au redressement judiciaire.

Les créanciers réclamaient près de 4,5 millions d'euros, dont une grande partie en prêts bancaires et impayés fournisseurs. Au cœur de cette débâcle : le conflit entre Charlotte Gainsbourg et Dominique Dutreix, son ancien associé à parts égales. Les relations se sont envenimées lorsque ce dernier a été accusé de ne pas avoir tenu ses engagements financiers. Pire encore, une source proche du dossier évoque des malversations, affirmant qu'il "s'est même servi directement dans la caisse, ce qui a généré le retard à l'ouverture". Une guerre intestine qui avait laissé l'institution exsangue.

Les exigences de Philippe Dabi pour l'avenir de l'héritage Gainsbourg

Pour Philippe Dabi, il n'était pas question de reprendre l'affaire sans la principale intéressée. Charlotte Gainsbourg, qui porte ce projet à bout de bras depuis ses 19 ans, reste l'âme des lieux et détiendra des parts dans la nouvelle structure. Mais le nouveau propriétaire a posé d'autres conditions pour assurer la pérennité économique du musée, notamment le soutien des géants du luxe.

L'avenir serein du 5 bis repose en grande partie sur le maintien du partenariat Yves Saint Laurent-Maison Gainsbourg, dont le montant est crucial pour l'équilibre budgétaire. Ce mécénat représente un apport vital de 2,9 millions d'euros sur cinq ans. De plus, la proximité de Philippe Dabi avec le clan Arnault (LVMH), qu'il côtoie au conseil d'administration du club de football du Paris FC, offre une garantie supplémentaire de stabilité. Entre gestion rigoureuse et soutiens prestigieux, l'antre de l'homme à la tête de chou semble enfin à l'abri des tempêtes.

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