L'Aquarius : un piège diabolique

L’enfer est pavé de bonnes intentions ; l’Aquarius encore plus. Il faut reconnaître objectivement que le rôle des servants de l’Aquarius est particulièrement gratifiant : ils sauvent "facilement" des passagers réellement en détresse et laissent à d’autres le travail ingrat d’aide à l’assimilation, voire la reconstruction.

Mais, sur le fond, ce nouveau créneau des ONG est-il une fenêtre ouverte vers un avenir radieux ou, au contraire, une lucarne qui débouche sur un enfer pour tous. Que faut-il penser de l’odyssée de l’Aquarius et de son arrivée triomphale à Valence, avec des banderoles débordantes de générosité : "venez, on vous aime, on vous attend" ; cet accueil enthousiaste et médiatisé à l’extrême va, évidemment, être abondamment relayé par les passeurs ; il n’en faudra pas plus pour encourager les hésitants à se lancer dans l’aventure ; la conséquence inéluctable de cette b.a. diabolique va être un formidable appel d’air, comme le furent les propos de madame Merkel, avec les réactions qui ont suivi.

Si on veut vraiment accueillir des migrants, pourquoi les obliger à payer des passeurs, à prendre des risques terribles ? Il suffirait d’installer des "agences de voyages" dans les pays en difficulté et de proposer des "billets" d’accès à l’Europe. L’Aquarius n’est-il pas qu’un trompe-l’œil pour bobos sensibles : on soigne quelques cas mais en espérant que les risques encourus freineront la plupart des postulants. Mais, si telle est la réalité, pourquoi l’accueil précité qui ne peut qu’aggraver la situation ?  

Il faut aussi comprendre la psychologie du migrant qui a réussi à franchir l’obstacle : il a payé son passage, financièrement et physiquement ; il a donc le droit d’être accueilli ; il n’a pas du tout conscience que, en fait, il n’a rien donné à l’Europe. Qui plus est, il arrive avec sa culture et ses convictions et n’a pas du tout l’intention de les relativiser.

Je vais prendre un exemple, parmi d’autres, pour bien me faire comprendre. Un Européen chrétien qui vit en Algérie n’y est toléré que s’il ne fait absolument aucun prosélytisme, si minime soit-il : renseignez-vous, je n’exagère rien ; cela va très loin ; si un musulman devient l’ami de cet étranger, ses proches le mettront en garde : il est chrétien, il va essayer de te convertir - réaction qui, en fait, est un manque de foi en sa propre religion. Par contre, si un musulman est sur le sol de France, il considère qu’il est de son devoir de promouvoir la religion d’Allah, éventuellement avec ses dérives. Et tout cela est humainement normal : pour les pauvres, la religion est l’ultime rempart.

Vous me trouvez insensible ? C’est peut-être que tout ce qui précède dans ce billet est incontestable et que cela vous dérange. Entre l’accueil délirant de l’Aquarius et les réserves de Marine Le Pen, l’attitude la plus saine, et donc la plus porteuse d’avenir, n’est pas celle de la naïveté, teintée de cynisme inavoué. Aujourd’hui, il y a probablement au plus dix ou vingt pour cent d’Européens qui  sont d’accord avec l’intransigeance de Donald Trump ; mais, si les gouvernements continuent la politique de l’autruche, il y en aura, demain, deux ou trois fois plus.

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