Agriculteurs : poursuite des blocages, pas de vaches au prochain salon ?
Malgré les arrêtés d'interdiction, la détermination du monde agricole ne faiblit pas, notamment en Haute-Garonne. Ce mercredi 7 janvier 2026 a marqué une nouvelle étape dans le bras de fer opposant les éleveurs à l'État, avec une paralysie partielle des accès à la Ville rose. Face à cette mobilisation qui s'installe dans la durée, l'exécutif tente de désamorcer la crise en promettant des mesures rapides.
Des axes majeurs coupés et sous haute surveillance
La circulation était extrêmement difficile autour de la métropole occitane. Les forces de l'ordre ont fait face à des convois de tracteurs déterminés, engendrant de lourdes conséquences. L'autoroute A68, reliant Albi à Toulouse, était particulièrement touchée avec une coupure de la circulation qui a provoqué, selon les observations rapportées par L'Opinion, d'importants bouchons dès le début de la journée.
Au sud de l'agglomération, la situation était identique sur un lieu désormais symbolique de la contestation. On comprend mieux pourquoi l'autoroute A64 est bloquée par les agriculteurs, cet axe étant devenu le point de ralliement historique des mécontentements ruraux dans la région. Des perturbations sont également signalées sur l'A61 et le périphérique, malgré le déploiement massif de CRS et de gendarmes. Les manifestants décrivent une véritable "guerre d'usure" et se disent "déterminés à faire le nécessaire pour avoir des réponses", comme le relaye Toulouse Trafic. Si vous devez emprunter ces routes, la prudence est de mise, l'état du trafic routier sur le périphérique de Toulouse restera très instable aujourd'hui.
Une crise sanitaire et économique explosive
Au cœur de cette colère, outre le Mercosur, pèse la survie même des cheptels. Les éleveurs du Sud-Ouest sont vent debout contre la gestion de la Dermatose Nodulaire Contagieuse (DNC). Ils dénoncent une politique d'abattage systématique jugée "plus effrayante que la maladie elle-même", selon un syndicaliste cité par CNEWS, malgré les mesures de vaccination annoncées par Annie Genevard, la ministre de l'Agriculture. Cette épizootie fait craindre aux professionnels une absence totale de leurs bêtes lors du prochain Salon de l'agriculture 2026, quand d'autres préviennent qu'ils n'y présenteront pas leurs bovins.
À cette angoisse sanitaire s'ajoute une inquiétude commerciale structurelle. Les syndicats fustigent les accords de libre-échange, et portent des revendications claires sur le Mercosur et la DNC. Ils estiment que l'importation de viande sud-américaine, ne respectant pas les mêmes normes, signerait l'arrêt de mort de la filière bovine française. Pour l'heure, les premières avancées sur le protocole sanitaire sont jugées "insuffisantes" par les organisations syndicales.
Des annonces attendues vendredi
A Libération, Pierre Solana, 37 ans, lance "C’est une guerre d’usure. On est déterminés à faire le nécessaire pour avoir des réponses et être entendus." Le Premier ministre Sébastien Lecornu fera des annonces officielles vendredi 9 janvier, mais on ne sait pas encore de quelle teneur. "Il faut vraiment qu’on trouve une solution pour sauver l’agriculture française", expliquait au petit matin un éleveur du Gers à nos confrères, parti vers minuit d’Auch, à 70 kilomètres de Toulouse, dans un convoi de la Coordination rurale dont l’avancée a été "bloquée à plusieurs reprises."