Mercosur : quelles importations alimentaires sont bloquées en France ?
Outre la dermatose nodulaire, le traité de libre-échange avec le Mercosur alimente la colère des agriculteurs. La Commission européenne s’apprête en effet à signer un accord commercial avec plusieurs pays d’Amérique du Sud : l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay.
Les substances interdites sont des fongicides et herbicides utilisés pour traiter certains fruits et légumes. L’arrêté prévoit une durée maximale d’écoulement des stocks d’un mois après son entrée en vigueur. Le ministère de l’Agriculture précisait en début de semaine : "Compte tenu du profil des produits, pas mal viennent d’Amérique du Sud. Mais ce n’est pas un arrêté dirigé contre l’Amérique du Sud, il est dirigé contre tout pays du monde qui traiterait les fruits et légumes concernés avec une de ces cinq substances", rapporte Le Figaro.
La liste des cinq substances pesticides interdites comprend des fongicides et herbicides jugés dangereux : le bénomyl, le carbendazime, le mancozèbe, le glufosinate et le thiophanate-méthyl.
Une sécurisation sanitaire initiée en février
Cette offensive réglementaire ne surgit pas de nulle part. Elle s'inscrit dans la continuité d'une première action menée en février 2024, lorsque la France avait déjà suspendu l'importation de produits traités au thiaclopride. Cet insecticide, classé comme cancérogène suspecté et perturbateur endocrinien, illustrait déjà la volonté de l'État de durcir le ton.
Des rayons impactés par la nouvelle réglementation
L'application de ce décret va rapidement modifier l'offre disponible en supermarché, notamment pour les produits hors-saison. Les conséquences de l'interdiction d'importation sur l'avocat et la mangue risquent d'être visibles, ces fruits voyageant souvent sur de longues distances grâce aux traitements fongicides désormais bannis. Les distributeurs disposent d'un délai maximal d'un mois pour écouler les stocks existants, après quoi les contrôles seront drastiquement renforcés.
Au sein de notre diaporama, découvrez la liste des fruits et légumes concernées par l’interdiction d’importation en France.
L'avocat
L'avocat figure en tête de liste des produits ciblés par les autorités françaises. Très prisé des consommateurs européens, ce fruit est massivement importé d'Amérique du Sud pour répondre à une demande constante tout au long de l'année.
La mangue
La mangue est, à l'instar de l'avocat, directement concernée par ce nouvel arrêté ministériel. Pour éviter le pourrissement et les pertes durant l'exportation, les producteurs étrangers utilisent historiquement des substances comme le bénomyl ou le carbendazime. Le décret impose désormais une absence totale de résidus quantifiables de ces produits chimiques pour que ces fruits tropicaux puissent franchir les frontières françaises.
La goyave
Moins courante que ses homologues tropicaux mais tout aussi surveillée, la goyave est explicitement mentionnée dans la liste des denrées visées. Ce fruit importé provient fréquemment de régions agricoles où l'usage des pesticides, aujourd'hui prohibés par la France, reste une pratique courante pour protéger les récoltes.
La pomme
Les pommes importées font l'objet d'une surveillance accrue depuis la publication de l'arrêté. Dans les vergers situés hors de l'Union européenne, l'utilisation de fongicides comme le mancozèbe ou le thiophanate-méthyl persiste pour lutter contre des pathologies courantes comme la tavelure. Ces traitements, interdits aux arboriculteurs français, bloquent désormais l'entrée de ces fruits sur le territoire.
Le raisin
Qu'il soit destiné à la table ou à la transformation, le raisin est une culture particulièrement vulnérable aux maladies fongiques. Les autorités ont donc inscrit ce fruit sur la liste des produits surveillés, car la vigne est souvent traitée à l'étranger avec les substances bannies pour assurer des rendements suffisants et protéger les grappes.
La fraise
La fraise est un fruit d'une grande fragilité qui nécessite souvent des traitements pour supporter le transport et le stockage sans développer de moisissures comme le Botrytis. Les importations en provenance de pays tiers sont désormais scrutées à la loupe, car l'usage de substances chimiques pour maintenir l'aspect visuel du fruit est fréquent dans les zones de production hors UE.
La cerise
Les cerises sont également citées dans les textes officiels encadrant cette suspension d'importation. Alors que la France interdit déjà des molécules comme le diméthoate pour protéger la santé publique, cette nouvelle mesure vient renforcer la sécurité sanitaire en bloquant les cerises étrangères contenant des résidus de pesticides non autorisés.