Avant la musique, c'était la peinture qui avait les faveurs de Serge Gainsbourg. Un premier amour qui a influé sur sa façon de composer, d'écrire, de produire. Enquête sur son processus créatif, trente ans après sa mort.
"Les images, je les ai écrites" : comment Ginsburg le peintre a dessiné le Gainsbourg de la chanson

Beaucoup de Gainsbarre et peu de Ginsburg, rue de Verneuil, en cette froide après-midi de janvier. Sur les murs de l'ancienne résidence parisienne de Serge Gainsbourg, parti il y a trente ans, des citations tronquées et quelques traces. De sa brutalité, de son indélicatesse. Et de son visage, son dernier. Bouffi, piquant, ravagé, terminé. Ça fait marrer les passants et tousser quelques voisins. L'icône pop, provocatrice, est là, au contraire du précurseur, du penseur, du chimiste. Comme si l'homme à tête de chou n'avait été qu'un vulgaire fumeur de gitanes, rien de plus. Sûr qu'il dirait qu'il l'a bien cherché. À vrai dire, personne ne l'a poussé à se lancer dans cette « connerie » de chanson. Et puis la chanson, il l'a largement répété, « ce n'est pas une chose importante ». C'est, au mieux, un « uniforme », un masque. Alors, que la légende du mauvais garçon provoc’ empiète sur le créateur et l'homme, quelle importance, hein Serge ?Pourtant, derrière le vernis vendeur du crado du 5bis, se cache un artiste bien plus complexe. Nourri au biberon du classique, initié au piano par son père, Joseph Ginsburg, immigrant russe, puis à la peinture. Cet art qu'il fera sien au lendemain de...

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