Très attendu à Paris et Bruxelles, Christian Lindner, futur ministre des Finances allemand, va-t-il jouer autre chose que la carte de la rigueur budgétaire ? À 42 ans, le leader du Parti libéral n'est-il qu'un « valet de l'industrie » obsédé par l'austérité ? Ou un fin stratège enclin au compromis et doté d'une vraie ambition politique pour l'Europe ?
La France doit-elle avoir peur de Christian Lindner, nouveau ministre allemand des Finances ?

La présidence française de l'Union européenne qui va s’ouvrir dès janvier prochain, sera-t-elle placée face à un nouveau « père-la-rigueur » prêt à bloquer l’évolution du Pacte de stabilité et à saigner une nouvelle fois les économies en difficulté au nom du dogme austéritaire ? Une chose est sûre, si certains en France voient Christian Lindner comme l'héritier idéologique de Wolfgang Schaüble ou au contraire comme une nouvelle chance de dialogue pour l'Europe et l'Hexagone, le leader du Parti libéral ne laisse pas indifférent.La trajectoire de Christian Lindner est rapide, ascendante et un peu caricaturale. Né en 1979 à Wuppertal en Rhénanie, dans l'ouest de l'Allemagne, il grandit avec sa mère divorcée et découvre la petite entreprise par le biais de son grand-père artisan boulanger. Pressé, il rejoint le FDP [Parti libéral-démocrate] dès 16 ans, avant de créer une entreprise de conseils en relations publiques. Il a alors 18 ans et passe son bac. Le « jeune loup » va au lycée en Mercedes de location, avec son costard cravate et un gros attaché-case. Mais l’expérience managériale tourne court et la politique devient vite sa principale activité.À LIRE AUSSI : L'Allemagne, ce...