Avec une croissance dynamique et une inflation faible, le pays est souvent érigé comme un modèle en Amérique latine. Mais ces chiffres cachent d'importantes fractures.

Le Chili est une « véritable oasis » dans une « Amérique latine affaiblie », se félicitait, début octobre, le président de la République Sebastian Piñera.

Emeutes, état d’urgence, couvre-feu : c’est pourtant un pays « en guerre » que le chef de l’Etat a décrit quelques jours plus tard, dans la soirée du dimanche 20 octobre, après un week-end meurtrier qui a coûté la vie à onze personnes.

« L’immédiateté du soulèvement a de quoi surprendre, mais pas vraiment par l’ampleur du mécontentement », estime cependant Cécile Faliès, maître de conférences en géographie à l’Université Paris-I-Panthéon-Sorbonne et spécialiste du pays.

Importantes fractures

Souvent érigé en modèle pour le sous-continent, le Chili est devenu le premier pays de la région à intégrer l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), en 2010. Pendant plusieurs décennies, il a connu une croissance spectaculaire dopée par les exportations de cuivre, sa principale richesse. En parallèle, son taux de pauvreté s’est fortement réduit et atteint aujourd’hui 8,6 % de la population. Quant à ses...

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