Retraite des agriculteurs : enfin une bonne nouvelle pour la profession ?
C'était une promesse attendue de longue date par le monde paysan. Le décret d'application concernant le nouveau mode de calcul des pensions des retraites agricoles a été publié, mettant fin à une spécificité souvent jugée injuste pour la profession. Fini la prise en compte de la totalité de la carrière, qui pénalisait lourdement les exploitants ayant connu des aléas climatiques ou économiques. Dès l'année prochaine, le régime s'aligne sur le privé pour mieux valoriser un métier qui n'attire plus, confirme le média spécialisé Réussir.
Une réforme historique actée au Journal Officiel
Le décret n° 2025-1409 du 30 décembre 2025 officialise ce tournant social majeur. Comme le précise le texte, cette nouvelle règle s'applique aux pensions de retraite prenant effet à compter du 1er janvier 2026. Ce changement ne concerne pas uniquement les chefs d'exploitation, mais s'étend également aux conjoints collaborateurs et aux aides familiaux, souvent les oubliés du système.
Concrètement, la pension de retraite de base des non-salariés agricoles (NSA) sera désormais établie sur la moyenne des 25 années civiles d'assurance les plus avantageuses. Le décret retraite agricole sur les 25 meilleures années vient ainsi corriger un désavantage ancien, permettant aux assurés de ne plus voir leur pension grevée par les mauvaises passes dues à leur activité se félicite La France Agricole.
En finir avec une injustice financière
Jusqu'à présent, les agriculteurs étaient les seuls, avec certains indépendants, à ne pas bénéficier de ce mode de calcul, en vigueur pour les salariés du privé depuis 1993. L'ancien système, basé sur l'intégralité de la carrière (retraite forfaitaire et proportionnelle), avait pour effet mécanique de faire baisser la moyenne dès qu'une année de revenus faibles ou nuls entrait dans l'équation.
L'objectif affiché par la loi est de "faire converger le régime de retraite de base des non-salariés agricoles vers le régime général", indique l'exposé des motifs. Cela permet de gommer les irrégularités de revenus propres au métier. L'impact des 25 meilleures années sur la retraite agricole doit permettre de rehausser le niveau des pensions, qui tournait autour de 1 150 euros brut par mois avant la réforme pour une carrière complète, selon les données parlementaires.
Un calcul hybride et progressif jusqu'en 2028
Attention toutefois, la transition ne se fera pas en un claquement de doigts. Pour les départs prévus en 2026 et 2027, la Mutualité Sociale Agricole (MSA) mettra en place une procédure spécifique, indique-t-elle sur son site. Durant cette période transitoire, la liquidation de la retraite se fera d'abord via un calcul "hybride", mêlant les anciennes règles et le nouveau dispositif selon les périodes cotisées avant et après 2016.
C'est là qu'il faut être vigilant : un recalcul des droits sera effectué avant le 1er avril 2028. La MSA révisera alors les dossiers des retraités partis durant ces deux années charnières. Si l'application pleine des nouvelles modalités de calcul de la retraite des agriculteurs s'avère plus favorable que le montant initialement perçu, la différence sera versée avec effet rétroactif. Le recalcul de pension MSA après 2027 est donc une garantie de ne pas être lésé par la mise en route du système.
Préparer votre dossier dès aujourd'hui
Si vous envisagez de cesser votre activité prochainement, l'anticipation est la clé. Le calcul de la pension de non-salarié agricole en 2026 repose sur la reconstitution précise de vos revenus. Il est essentiel de vérifier que toutes vos années, y compris les plus anciennes ou celles passées comme aide familial, sont bien enregistrées.
Pour savoir comment faire pour optimiser sa retraite agricole après 2026, la démarche la plus sûre reste de solliciter un Entretien Information Retraite (EIR) gratuit auprès de votre caisse locale. Cela permettra d'obtenir une estimation personnalisée intégrant cette réforme et d'éviter les mauvaises surprises au moment du départ.