La présidente du Rassemblement national a décidé de changer de stratégie et compte revoir sa façon de briguer l'Elysée. Une nouvelle impulsion suffisante pour briser le plafond de verre ?
Marine Le Pen pourrait-elle briser le plafond de verre en 2022 ?AFP

"Un FN trop gentil n’intéresse personne", jugeait autrefois Jean-Marie Le Pen. Le Menhir avait, en effet, une vision assez précise de ce que devait être, selon lui, le Front. Et n’a jamais réussi à remporter l’Elysée. Dorénavant, informe RTL, sa fille a décidé de revoir considérablement la stratégie électorale qui a pu animer leur famille politique ces dernières années. "Le dégagisme, c’est terminé", reconnaît-elle en privé, d’après nos confrères. Plus question non plus de s’élever contre le système, qu’elle a si souvent critiqué au cours de la précédente campagne présidentielle. "Nous travaillons à faire émerger une nouvelle élite", affirme-t-elle. Ce que nos confrères n’hésitent pas à décrire comme un "virage à 180 degrés". Tant sur la forme que sur le fond.

Marine Le Pen "s’embourgeoise" : de quoi parle-t-on ?

Car Marine Le Pen espère désormais percer le plafond de verre qui l’a jadis empêchée d’accéder aux plus hautes fonctions de l’Etat. C’est pourquoi, insiste RTL, elle "s’embourgeoise". "Au sens où elle va chercher un électorat plus bourgeois, plus diplômé, de droite et c’est totalement assumé par son entourage", poursuivent les journalistes de la radio. Une stratégie payante ? Peut-être bien. A ceci près, estime Emmanuel Rivière, directeur général France chez Kantar Public, que la bourgeoisie n’est pas véritablement derrière elle.

"Je ne pense pas que le terme soit très parlant", juge le sondeur, non sans rappeler la diversité de la bourgeoisie français. "Il y a, au sein de la bourgeoisie, des catégories de population très hostiles à Marine Le Pen. A mon sens, il serait plus pertinent de parler d’honorabilisation, parce qu’au fond il s’agit moins d’une question de classe sociale que d’une question générationnelle", ajoute-t-il encore.

Une analyse que rejoint d’ailleurs le politologue Jean Petaux, directeur de la communication, des relations extérieures et institutionnelles à Sciences-Po Bordeaux. "Je ne retiens pas ce terme qui me semble beaucoup trop connoté, proche de notions soit idéologiques, soit économiques", assène-t-il d’abord. Avant de reconnaître que Marine Le Pen cherche effectivement à élargir son socle électoral. "Elle laboure et défriche des territoires qu’elle n’avait pas encore explorés. Cela couvre bien des réalités sociologiques et ne se limite évidemment pas à la bourgeoisie française", précise-t-il.

En participant à notre grand jeu de l'été, remportez des chèques cadeaux d'une valeur de 500 € et un mois gratuit à notre offre de divertissement Hedony !

Cet article vous a intéressé ?

Découvrez encore plus d'actualités,
en vous abonnant à la newsletter de Planet.

Votre adresse mail est collectée par Planet.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.