Stellantis : pourquoi le géant auto affiche une perte record de 22 milliards ?
Ce résultat, marqué par un "reset" stratégique et le coût d'un pari risqué sur l'électrique, ébranle l'industrie française. Découvrez les raisons de ce séisme financier et ce que cette nouvelle donne change pour les actionnaires comme pour les futurs acheteurs de Peugeot, Citroën ou Fiat.
Un choc financier historique
Ce mercredi 26 février 2026, le groupe né de la fusion entre PSA et Fiat Chrysler a officialisé un déficit net de 22,3 milliards d'euros pour l'année 2025. Cette annonce confirme les craintes des marchés : il s'agit d'une comparaison vertigineuse. Selon Boursorama, c'est la perte la plus lourde enregistrée par un groupe français depuis le record de Vivendi en 2002 (-23,3 milliards d'euros). Ce bilan dépasse même les crises historiques traversées par France Télécom ou EDF par le passé.
Les indicateurs virent au rouge vif. Le chiffre d'affaires recule de 2 % pour s'établir à 153,5 milliards d'euros. Plus inquiétant pour la rentabilité, la marge opérationnelle courante bascule en territoire négatif à -0,5 %, alors qu'elle atteignait encore 5,5 % l'année précédente. Une chute qui avait déjà fait plonger le titre de près de 18 % lors des premières alertes, rapporte TradingSat.
Les raisons d'une déflagration comptable
Cette perte colossale provient principalement de charges exceptionnelles massives de 25,4 milliards d'euros, actées pour corriger la trajectoire du groupe. C'est le coût d'un "reset" stratégique violent. Sous l'impulsion du nouveau directeur général Antonio Filosa, Stellantis acte l'échec du "tout-électrique". Le constructeur admet avoir surestimé la vitesse de transition vers ces motorisations.
Comme le souligne Libération, le groupe déprécie ses outils de production et redimensionne sa chaîne d'approvisionnement face à une demande des clients plus faible que prévu. Sur le total des charges, 14,7 milliards d'euros sont spécifiquement liés au réalignement des plans produits électriques.
Le contexte international hostile pèse aussi lourdement sur les comptes. L'arrêt des incitations fiscales aux États-Unis décidé par l'administration Trump, couplé à des taux de change défavorables, a frappé les résultats. La marge s'est particulièrement effondrée en Amérique du Nord, marché historique de profit pour le groupe.
Quelles conséquences pour l'épargnant et l'automobiliste ?
Pour les actionnaires, le sevrage est immédiat. Afin de préserver sa trésorerie, qui s'élève tout de même à 46 milliards d'euros de liquidités industrielles fin 2025, Stellantis annonce la suspension du dividende en 2026. La priorité est donnée à la sécurisation du bilan plutôt qu'à la rémunération du capital.
Pour les clients, le groupe opère un virage commercial majeur : le retour de la "liberté de choix". L'offre sera désormais massivement réorientée vers des motorisations multi-énergies (thermique et hybride) pour mieux coller à la réalité du marché, marquant la fin de l'offensive forcée sur le 100 % électrique. Antonio Filosa l'affirme dans le communiqué officiel : ce changement est nécessaire pour « replacer les attentes des clients et la liberté de choix au cœur des projets de l'entreprise ».
Une reprise progressive est espérée pour 2026. Le groupe compte sur le lancement de nouveaux modèles, notamment des pick-up aux États-Unis et de nouveaux SUV en Europe, ainsi qu'un retour à une communication financière trimestrielle pour rassurer les investisseurs.
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