Le ministre de l'Economie et des Finances revient à la charge. Une fois de plus, il souhaite relancer la réforme des retraites. Certains syndicats appellent d'ores et déjà à la grève. Mais quel est vraiment le problème avec le régime universel ?
Les trois péchés de la réforme des retraites d’Emmanuel MacronAFP

"Nous ne pouvons pas continuer à avoir un système de retraites par répartition si nous ne pouvons pas le financer correctement", affirmait récemment le ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance dont les propos sont repris par Europe 1. Et lui d’avancer, une fois de plus, la nécessité de revoir certains des paramètres de notre modèle de solidarités intergénérationnelles… Au risque d’agacer considérablement certains acteurs économiques. Pourtant, Bruno Le Maire ne prône pas la transformation drastique que souhaitait, avant la crise sanitaire, le président de la République. Lui se contenterait bien assez d’une réforme paramétrique.

Récemment encore, des syndicats ont appelé à la grève contre certaines mécaniques de pensées qui dictent notamment à la réforme que Bruno Le Maire appelle de ses vœux. Dans l’Ariège, certains sont même allés jusqu’à remettre en cause de précédentes modifications décidées par des hommes politiques qui ne sont plus aux manettes depuis longtemps, rapporte La Dépêche. Ces syndicalistes militent pour une revalorisation des pensions autant que pour "abroger le système inique de surcote et de décote instauré par Raffarin en 2003", indiquent nos confrères. Et ils n’ont pas prévu de s’arrêter là ! Ils se méfient aussi de la réforme que le gouvernement serait susceptible de préparer.

Mais quel est le problème, au juste, avec la réforme des retraites ?

Le premier péché de la réforme des retraites : le mensonge

Pour l’économiste Frédéric Farah, enseignant-chercheur à l’université Panthéon-Sorbonne et auteur de plusieurs ouvrages économiques dont Fake state: l'impuissance organisée de l'Etat (éditions H&O), cette réforme des retraites a commis trois péchés originaux. Le premier desquels serait le mensonge.

"La réforme des retraites selon Emmanuel Macron s’est construite sur l’idée d’un surplus d’égalité pour tout le monde, d’un universalisme bienveillant. Un euro cotisé donne les mêmes droits, ont affirmé les équipes du président. Quand on énonce le propos il est facile d’avoir le sentiment d’ un universel, en effet. Pour autant, c’est un mensonge", assène d’entrée de jeu l’économiste. "C’est oublier le fait que tous les travailleurs n’ont pas la même espérance de vie, que d’autres ont des carrières beaucoup plus heurtées parce qu’ils appartiennent à des catégories sociales moins avantagées ou parce qu’elles sont en fait des femmes. Quoique puisse en dire Emmanuel Macron, tout le monde ne sera pas logé à la même enseigne", poursuit-il.

L’objectif, soutient Frédéric Farah, n’est évidemment pas de "faire la poche des retraités" stricto sensu. Pour autant, insiste-t-il, "l’ambition de cette transformation, en plus d’être très modeste, n’est pas dite : il s’agit d’abandonner l’idéal de citoyenneté sociale - qui consiste à fournir un certain nombre de droits sociaux aux citoyens, à les renouveler et à les renforcer - au profit d’une logique minimaliste qui tente de faire croire qu’elle a le soucis des plus vulnérables", s’agace-t-il encore. Avant de conclure : "Derrière l’universalité de façade se cache l’entourloupe".

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