Municipales au Havre : le sondage qui menace l'avenir d'Édouard Philippe
L’ancien Premier ministre a toujours été clair : son destin national dépend de son ancrage local. À quelques semaines des élections municipales de mars 2026, la citadelle normande apparaît plus disputée que jamais. Le dernier sondage publié ce 25 février dessine un scénario serré, voire périlleux, pour le leader d’Horizons.
Des projections électorales plus nuancées qu’annoncé
Contrairement à certaines projections plus anciennes datant de 2024, le sondage qui fait référence aujourd’hui est une étude OpinionWay pour l’institut Hexagone, publiée le 25 février 2026.
Selon cette enquête, Édouard Philippe arrive en tête au premier tour des municipales au Havre avec 37 % des intentions de vote, devant Jean-Paul Lecoq, crédité de 35 %.
En revanche, la dynamique s’inverse au second tour dans l’hypothèse d’une triangulaire. Le maire sortant serait alors donné perdant avec 40 %, contre 42 % pour Jean-Paul Lecoq, tandis que le candidat du Rassemblement National, Franck Keller, atteindrait 18 %.
Ce positionnement du RN, estimé entre 15 et 18 % ces derniers mois, est donc confirmé par cette enquête récente. Une triangulaire pourrait mécaniquement fragiliser la majorité municipale sortante en dispersant les voix.
À noter : le sondage Cluster17 pour Marianne mentionné dans certaines analyses correspondait en réalité à des projections datant de septembre 2024, et ne reflète plus l’état actuel du rapport de forces à quelques semaines du scrutin.
Un destin présidentiel suspendu au Havre
Ce scrutin local dépasse largement les frontières normandes. Édouard Philippe a posé lui-même les conditions de son avenir politique lors d’une intervention au 20h de TF1 en septembre 2024 :
« Si je ne suis pas réélu maire du Havre, je ne serai pas candidat à l’élection présidentielle. »
Une déclaration réaffirmée à plusieurs reprises, notamment en décembre 2025 dans la presse régionale.
Pour le président d’Horizons, conserver Le Havre est indispensable afin d’incarner une légitimité d’élu local et de « bâtisseur ». Maire depuis 2010, successeur d’Antoine Rufenacht, il a construit son image sur la gestion municipale, malgré une parenthèse à Matignon entre 2017 et 2020.
Mais après seize ans à la tête de la ville, l’usure du pouvoir constitue un facteur non négligeable. La gestion de certains projets urbains et de la zone industrialo-portuaire fait l’objet de critiques croissantes, tandis que l’union de la gauche locale semble plus structurée qu’auparavant.
Mars 2026, tournant stratégique avant 2027
Le calendrier est implacable : les municipales se tiendront en mars 2026, soit un an avant l’élection présidentielle.
Une défaite au Havre fragiliserait considérablement la trajectoire nationale d’Édouard Philippe et priverait son parti Horizons de sa figure centrale. À l’inverse, une victoire, même serrée, renforcerait sa crédibilité dans la perspective de 2027.
Dans le bloc central et à droite, plusieurs personnalités observent la situation avec attention : Gabriel Attal, Laurent Wauquiez ou encore Bruno Le Maire pourraient voir leur espace politique évoluer en fonction du verdict havrais.
Une chose est sûre : au Havre, l’élection municipale de mars 2026 ne sera pas qu’un scrutin local. Elle pourrait bien redessiner l’équilibre de la présidentielle de 2027.
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