Une semaine tout juste après le vote du plan de stabilité économique de Manuel Valls, l'idée de dissoudre l'Assemblée Nationale revient sur le tapis. En effet, si le plan Valls a été adopté, l'abstention de 41 députés socialistes a privé le Premier ministre de la majorité absolue. La possibilité d'une dissolution de l'Hémicycle a alors été relancée par François Bayrou (Modem) et Marine Le Pen (FN). Bien que peu envisageable, Planet.fr fait le point sur les conséquences d'une telle décision.
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La dissolution de l'Assemblée Nationale "est la seule solution", selon Marine Le Pen, et une hypothèse "envisageable" pour François Bayrou. Alors que le président du Modem avait appelé à voter pour François Hollande aux présidentielles de 2012, ce dernier est un des partisans d'une dissolution de l'Assemblée par le Chef de l’Etat. Cette prise de position intervient après le vote du plan Valls la semaine passée, lequel n'a pas recueilli de majorité absolue. 41 députés socialistes se sont en effet abstenus. Si cette option est plébiscitée par l'extrême-droite et la gauche de la gauche, l’exécutif y est opposé, a fortiori après un remaniement aussi récent. C’est ce qu’ont confirmé le président de l’Assemblée Nationale, Claude Bartolone, et le chef de file des députés PS, Bruno Le Roux. "Il n’y aura pas de dissolution, il y a une majorité de gauche à l’Assemblée nationale, et cette majorité, pour trois ans, elle est encore installée pour mener les réformes et pour en voir le fruit", a déclaré ce dernier.

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Le dernier recours de François Hollande ? 

Un mois, seulement, après la débâcle socialiste aux municipales, une dissolution des rangs n'est pas souhaitable à l'Elysée comme à Solférino. Même si sa côte de popularité est au plus bas, le locataire de l'Elysée ne compte plus faire de concessions à ses électeurs. Le chef de l'Etat a déjà effectué d'une part le virage social-démocrate avec le fameux pacte de responsabilité en janvier dernier et d’autre part joué la carte du remaniement tout de suite après le second tour des municipales. Il avait alors fait appel à la plus à droite des personnalités socialistes : Manuel Valls. Selon un sondage BVA pour Le Parisien-Aujourd'hu i en France, 64% des Français pensent qu'il est "un bon Premier ministre". Ce serait ainsi un suicide politique pour François Hollande et le Parti Socialiste que d'opérer une dissolution de l'Assemblée. Compte tenu du score du PS aux dernières élections, une cohabitation avec la droite serait dès lors inéluctable. Le Front National pourrait même faire une importante percée au Palais Bourbon.

Un pari risqué pour le président

Si la dissolution de l’Assemblée Nationale venait à être annoncée par le président de la République, de nouvelles élections législatives seraient organisées dans le mois qui suit comme le prévoit l’article 12. L’appartenance politique du Premier ministre et du gouvernement étant déterminée par la majorité à l’Assemblée Nationale, c’est un risque politique important : François Hollande pourrait perdre Manuel Valls. Jacques Chirac s'était en effet cassé les dents en 1997 -alors qu’il détenait une majorité importante à l'Assemblée- pour réaffirmer son capital politique. Ce fut un échec avec une éclatante victoire du PS. Jacques Chirac avait dû composer avec Lionel Jospin comme Premier ministre pendant cinq ans de cohabitation. François Mitterrand avait, quant à lui, utilisé cette disposition avec succès en 1981 et 1988, en les utilisant dans la foulée de ses victoires aux présidentielles.

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