Souvent présentés comme des privilégiés, les cheminots et les fonctionnaires bénéficient de statuts spéciaux hérités de longue date, qu'ils défendaient encore récemment contre le gouvernement. Pour autant, cela les avantage-t-il vraiment par rapport aux salariés du privé ?
IllustrationAFP

Cheminots et fonctionnaires, embauchés à vie ?

Après la réforme du statut de cheminot, le gel du point pour les fonctionnaires ou le rétablissement du jour de carence, le gouvernement veut désormais s’attaquer à la refonte de la fonction publique. Comme le rappelle LCI, l’exécutif entend "moderniser" les trois fonctions publiques. Le projet de loi porté par Olivier Dussopt vise d’ailleurs à permettre la suppression de 120 000 postes d’ici 2022. Mieux ! Le secrétaire d’Etat l’assure : ce texte serait une véritable nécessité pour pour rendre la fonction "plus attractive et plus réactive", plus en accord avec les "nouvelles attentes" des Français. Pour y parvenir, le gouvernement pourrait d’ailleurs recourir à des ordonnances, rapporte la chaîne d’informations.

C’est précisément pour cela que l’ensemble des syndicats se sont mobilisés le 9 mai dernier. Dans la rue, ils se sont alliés pour marquer leur opposition. "Les possibilités de dialogue social avec le gouvernement sont épuisées", a d’ailleurs affirmé Jean-Marc Canon de la CGT, dans les colonnes du site d’info de la chaîne.

La réforme pose, une fois de plus, un sempiternel débat : les fonctionnaires et les cheminots sont-ils privilégiés par rapport au reste de la population ? En pratique, la réponse est autrement plus nuancée qu’elle ne pourrait sembler.

Les fonctionnaires bénéficient d’une sécurité de l’emploi, pensée pour assurer la sécurité et la continuité des missions de service public ainsi que la neutralité de l’emploi public. Ce n’est pas le cas, cependant, pour 17% des effectifs qui sont aujourd’hui non-titulaires (agents auxiliaires, contractuels, vacataires et intérimaires). Au total, ils sont environ 900 000 à ne pas profiter de la permanence de leur emploi. Egalement à noter : les contrats précaires couvrent jusqu’à 3 ans et sont renouvelables une fois pour une durée totale de 6 ans. Passé ces six années de CDD, le contrat est transformé en CDI. Dans le privé, il n’est pas possible de dépasser 18 mois. Il est important de préciser que le gouvernement entend augmenter le nombre d’embauches sous contrat et donc, mécaniquement, de faire reculer le pourcentage de titulaires, souligne LCI. Avec tous les désavantages que cela peut impliquer, particulièrement pour les femmes.

Par ailleurs, malgré la sécurité de l’emploi, un fonctionnaire titulaire peut être licencié pour différents motifs qui entraînent parfois un droit à l’indemnité (insuffisance professionnelle, 3 refus successifs de poste correspondant au grade après une disponibilité, refus sans motif valable lié à l’état de santé ou de postes proposés après un congé maladie, inaptitude physique définitive à l’exercice des fonctions, etc).

Les cheminots pouvaient également compter sur la permanence de leur emploi avant la réforme de leur statut, quoique sous certaines conditions. A partir de 2020, les nouveaux travailleurs de la SNCF seront tous des contractuels.

D’ici là, pour être embauché "au cadre permanent", c’est à dire au statut, un salarié de la SNCF doit avoir moins de 30 ans au moment de l’embauche. Si c’est effectivement le cas, il ne peut pas être licencié pour un motif économique : seule une faute grave permet de le licencier. Les salariés qui font partie du cadre permanent représentent 92% des effectifs de la SNCF, selon les informations qu’avance la société. Les 8% restant sont contractuels (CDD, CDI).

Vidéo : EDF : les avantages des salariés dans le viseur de la cour des comptes

Cet article vous a intéressé ?

Découvrez encore plus d'actualités,
en vous abonnant à la matinale de Planet.

Votre adresse mail est collectée par Planet.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.