Calcul des indemnités plus avantageux, âge de départ avancé… Lorsque l’on pense "retraite des fonctionnaires", on a souvent tendance à considérer que cette typologie de travailleurs bénéficie d’un régime plus favorable une fois l’heure de la retraite arrivée. Qu’en est-il réellement ?

Si la réforme des retraites que souhaite initier Emmanuel Macron a pour but d’harmoniser les droits entre les différents régimes, un certain nombre de différences demeurent entre les personnes qui oeuvrent dans le secteur privé et celles issues de la fonction publique. Quelles sont-elles ? Les fonctionnaires sont-ils forcément toujours avantagés au moment de prendre leur retraite ? On fait le point.

Pension de base : chacun sa méthode de calcul

C’est sans doute là l’une des grandes spécificités du régime dont bénéficient les fonctionnaires. Dans la fonction publique, leur pension est calculée en prenant en compte les six derniers mois de salaire (hors primes). S’ajoute à cela, une retraite qui intègre une partie de leurs primes, de leurs indemnités ou de leurs autres rémunérations.

Du côté des salariés œuvrant dans le privé, la donne est sensiblement différente. La moyenne retenue pour calculer le montant de leur pension s’appuie sur celle des salaires perçus durant les 25 meilleurs années de carrière. Lesquels salaires sont également retenus dans la limite du plafond annuel de la sécurité sociale.

Dans l’absolu, la méthode de calcul permettant de déterminer la pension de base de chaque régime se révèle plus avantageuse pour ce qui est des fonctionnaires. Pour autant, précise Capital, le fait de ne pas prendre en compte les primes perçues par ces derniers (et ils en reçoivent un certain nombre dans le cadre de leur rémunération), les désavantages sensiblement dans le calcul de leur pension.

Retraite à taux plein et taux de liquidation

Par taux de liquidation, il convient de comprendre : ratio au travers duquel il faut multiplier un salaire de référence en vue de fixer le montant de votre future pension. Si ce taux s’élève à 50 % dans le secteur privé, il atteint les 75 % dans le public dans le cas où vous pouvez recevoir une retraite à taux plein.

Là encore, on pourrait clairement penser que le régime des fonctionnaires s’avère nettement plus intéressant une fois la retraite venue. Sauf que le taux en question n’inclut pas les pensions issues des régimes complémentaires (lesquels constituent une part importante de la retraite des salariés du privé. Ce, notamment pour les salaires élevés).

Quid de l’âge de départ ?

Dans le public comme dans le secteur privé, l’âge de départ à la retraite est aujourd’hui fixé à 62 ans. Mais comme bien souvent avec les règles, il est possible de les contourner. Tout du moins d’anticiper votre retraite de quelques années. Pour le coup, les personnes œuvrant dans le secteur public ou privé peuvent en bénéficier.

Pour ce qui est du privé, un dispositif "carrière longue" vous donne la possibilité de quitter vos fonctions à l’âge de 58 ans (si vous avez commencé à travailler jeune, très jeune, à l’âge de 14 ans). Vous pouvez également partir dès 60 ans dans le cas où vous avez commencé à travailler avant l’âge de 20 ans.

Côté secteur public, il est possible de prendre sa retraite de manière anticipée à partir de 57 ans dans le cadre d’un dispositif de pénibilité (c’est le cas, par exemple, des policiers, des infirmiers, ou encore des surveillants de prison). Certains peuvent même prétendre quitter leurs fonctions à partir de 52 ans.

Pour le coup, lorsque départ anticipé il y a, les personnes œuvrant dans le secteur public sont clairement avantagées.

Valider des trimestres d’assurance

Dans la fonction publique, la règle est la suivante : les trimestres sont validés de date à date. Autrement dit : chaque période de 90 jours donne droit à un trimestre. Pour ce qui est du secteur privé, la durée d’assurance se révèle, elle, calculée à partir des cotisations versées.

Résultat (surtout pour celles et ceux qui travaillent à temps partiel) : les règles permettant de valider des trimestres se veulent plus avantageuses pour les personnes issues du secteur privé que pour celles qui ont fait carrière dans le public. Pourquoi ? Parce qu’au-delà de certains cas spécifiques, le fait de travailler dans la fonction publique à mi-temps ne permet d’engranger que deux trimestres chaque année.

Avantages liés aux enfants : le privé valorisé

Ultime différence entre les deux régimes : celle qui concerne les enfants. Concrètement, pour tout enfant né avant le 1er janvier 2010, les mères œuvrant dans le secteur privé bénéficient d’une durée d’assurance portée à 8 trimestres, souligne Capital (quatre pour les enfants nés après).

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Dans la fonction publique, cette majoration n’atteint que quatre trimestres. Voilà pour les grandes lignes. D’où le fait que les travailleurs issus du privé soient, dans ce cas, gagnants comparés aux fonctionnaires. Sauf, peut-être, dans le cas de familles particulièrement nombreuses. Lesquelles bénéficient d’une majoration sensiblement plus importante.

En vidéo - Le duel de l'éco: le nombre de fonctionnaires est-il excessif en France ?

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