David Bowie : "Il se sentait harcelé ", les confidences inédites de ses amis français 10 ans après sa mort

Publié par Matthieu Chauvin
le 10/01/2026
Portrait David Bowie
Istock
Dix ans après le choc de sa disparition le 10 janvier 2016, de nouvelles révélations sur David Bowie, des proches reviennent sur. Entre l'amour pour le secret de la star et les coulisses de son album testamentaire Blackstar, découvrez un portrait intime de la superstar du rock et de la pop, loin des projecteurs.

Le 10 janvier 2016, le monde se réveillait orphelin de l'une de ses plus grandes icônes rock. David Bowie s'éteignait à 69 ans, emportant avec lui une part de mystère que même une décennie n'a pas suffi à dissiper totalement. Pourtant, alors que les hommages se multiplient pour cet anniversaire symbolique, des voix ont décidé de raconter l'homme derrière le mythe.

Loin de l'image inaccessible de la superstar planétaire, ce sont les confidences de ses amis français qui dessinent aujourd'hui le portrait le plus touchant de l'artiste. Des souvenirs enfouis refont surface, témoignant d'une quête éperdue de tranquillité et d'authenticité, bien loin des paillettes du show-business.

Pourquoi la France était-elle son refuge secret ?

Si Londres et New York ont marqué sa carrière, l'Hexagone a joué un rôle crucial, presque thérapeutique, dans la vie du chanteur. Dans les années 70, c'est au cœur du Val-d'Oise, dans le mythique Château d'Hérouville, que le lien de David Bowie avec la France s'est solidifié. Ce n'était pas seulement pour la musique, mais pour la survie mentale. Comme l'explique Laurent Thibault, ingénieur du son de l'époque, au Parisien, la star cherchait avant tout à fuir la pression médiatique : " Il se sentait harcelé par les journalistes et voulait se mettre au vert."

C'est dans ce cocon romantique qu'est née une idylle méconnue mais fondamentale : la relation entre David Bowie et Kuêlan Nguyen, sa "China Girl" (bien que d'origine vietnamienne) qui inspirera le tube planétaire. À l'époque compagne de Jacques Higelin, elle se souvient d'un homme d'une douceur infinie. "David, c'était un ange, il était charmant, et il a sorti Iggy d'une grosse dépression", confie-t-elle au Parisien (il avait fait de même avec Lou Reed, qui sombrait dans la drogue, la légende voulant qu'il lui ait sauvé la vie). Une affection profonde liait les deux êtres, Kuêlan avouant même avec tendresse : "Je pense qu'il était un peu amoureux de moi."

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Avait-il prévu sa propre fin en musique ?

Le départ de Bowie restera à jamais lié à son ultime chef-d'œuvre, sorti deux jours seulement avant son décès. L'histoire des derniers jours de David Bowie, entre son cancer et l'album Blackstar, relève d'une mise en scène artistique vertigineuse. Le producteur Tony Visconti a confirmé que cet opus était conçu comme un "cadeau d'adieu à son public". Les paroles du titre Lazarus résonnent d'ailleurs comme une épitaphe prémonitoire :"Look up here, I'm in heaven / I've got scars that can't be seen" ("Regarde là-haut, je suis au paradis / J'ai des cicatrices que personne ne peut voir").

Mais le plus troublant reste l'appétit créatif intact du chanteur, même au seuil de la mort. Les révélations de Tony Visconti sur le successeur de Blackstar sont poignantes : alors qu'il se savait condamné, Bowie planifiait encore l'avenir. "Alors qu'il était en phase terminale, il pensait au successeur de Blackstar et m'avait fait écouter cinq demos", a révélé le producteur à Rolling Stone. Sa disparition, affirme Visconti, fut à l'image de son existence : « Sa mort n'est pas différente de sa vie : c'est une œuvre d'art ».

Comment a-t-il caché sa maladie au monde entier ?

Le tour de force de Bowie fut de garder le secret de son cancer du foie pendant 18 mois, une prouesse à l'ère des réseaux sociaux. Des témoignages inédits sur David Bowie et le secret de sa maladie confirment qu'il n'avait mis dans la confidence qu'une poignée de fidèles, dont son ami Robert Fox. "Personne ne savait", assure ce dernier au Telegraph. Cette discrétion absolue n'était pas de l'orgueil, mais de la pudeur.

Ceux qui l'ont côtoyé décrivent un homme aux antipodes de la diva capricieuse. Robert Fox se souvient d'un être "timide, modeste, cultivé et intéressé en tout." Une humilité qui n'enlevait rien à son charme légendaire, certains amis français n'hésitant pas à le qualifier, non sans humour, de "plus gros dragueur" qu'ils aient rencontré. Un séducteur, un génie, mais surtout un homme qui aura contrôlé son destin jusqu'au dernier soupir.

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