Yves Montand : un avocat affirme que son exhumation était due à un "mensonge"

Publié par Julien Pinardi
le 30/03/2026
Tombe Yves Montand
abacapress
© Alamy/ABACA
Plus de vingt-cinq ans après les faits, maître Gilbert Collard lève le voile sur le scandale de l'exhumation d'Yves Montand, un acte "macabre" né d'un mensonge qui a durablement traumatisé ses proches.

L'affaire de la paternité supposée d'Yves Montand laisse une cicatrice profonde dans l'histoire judiciaire française. En 1997, la France retenait son souffle face à une décision inédite touchant un monument national reposant aux côtés de Simone Signoret. Ce feuilleton médiatique resurgit avec fracas, porté par les confidences de celui qui en fut l'un des principaux instigateurs.

Un avocat revient sur cet évènement tragique

Le Figaro, qui publie actuellement une série d'entretiens avec des dirigeants les week-ends, a sollicité l'avocat Me Laurent Merlet, associé du cabinet Artlaw. Ce dernier, le 29 mars, est revenu sur plusieurs dossiers dont il a eu la charge. Dont un qui l'a particulièrement marqué : "Une nuit, j’ai assisté à cette indicible horreur : l’exhumation d’Yves Montand  pour un test de paternité à cause d’un mensonge. Une femme a inventé que sa  fille était celle du chanteur. La justice a préféré ordonner cette  mesure infâme plutôt que de s’en remettre au droit."

Gilbert Collard rongé par le remords

Invité sur le plateau de l'émission Face à Hanouna en février 2024, Me Gilbert Collard avait déjà ravivé le souvenir de cette affaire tentaculaire. L'ancien ténor du barreau, qui défendait alors les intérêts d'Aurore Drossart, ne cache plus son profond sentiment de culpabilité. "J’ai honte d’avoir participé à ça", confiait-il à la chaîne C8. Une procédure violente qu'il qualifie lui-même d'impardonnable, reconnaissant avec amertume les fondations fragiles de son dossier : "On a déterré un mort sur un mensonge."

Une quête de paternité virant au fiasco

Tout commence à la fin des années 1980, lorsque Anne Drossart clame publiquement que le célèbre acteur est le père de sa fille Aurore, fruit d'une liaison datant de 1974. Face au refus catégorique du chanteur de se soumettre à un prélèvement de son vivant, la justice tranche et ordonne son exhumation en 1997, six ans après son décès. Pourtant, en juin 1998, les résultats scientifiques foudroient les plaignantes. "Les tests ADN excluent tout lien familial entre Aurore Drossart et Yves Montand", déclarait alors fermement Catherine Allégret dans les colonnes du Le Parisien.

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Une nuit macabre au cimetière du Père-Lachaise

L'opération se déroule le 11 mars 1998, dans une atmosphère oppressante. Sous la pluie et dissimulée par de grandes bâches, la tombe est ouverte en pleine nuit, sous stricte surveillance policière pour éviter la curiosité morbide. Magistrats, avocats et policiers assistent à la scène dans un silence glacial. Pour les héritiers, le choc est immense. Me Dominique Piwnica, avocate de la famille Montand, dénonce alors "une horreur absolue." Le jeune Valentin Montand, tout juste âgé de 10 ans, subit cet acte comme une profanation insoutenable, qualifiant plus tard cet épisode de "moment difficile" dans Paris Match en mai 2021.

Des blessures indélébiles pour le clan Montand

L'intimité de la famille s'est retrouvée saccagée, engendrant des dommages psychologiques inestimables. Malgré les preuves irréfutables écartant toute parenté, la plaignante a continué de contester la vérité scientifique pendant des années. Ce traumatisme aura toutefois permis de faire évoluer la loi sur la bioéthique, renforçant la protection de l'intégrité des défunts contre les prélèvements abusifs post-mortem.

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