Pierre Perret brisé : l'adieu à Rebecca, la femme de sa vie depuis 60 ans
Dans la nuit du 3 au 4 janvier 2026, une page essentielle de la chanson française s'est tournée dans la plus stricte intimité. Simone Mazaltarim, que le public ne connaissait que sous le prénom de Rebecca, s'est éteinte à l'âge de 91 ans, nous a appris Le Figaro. Pour Pierre Perret, c’est bien plus qu’une épouse qui s’en va : c’est le témoin privilégié de toute une vie, celle qui tenait la barre du navire depuis soixante-quatre ans.
L'interprète de La Cage aux oiseaux se retrouve aujourd'hui face à un silence assourdissant, entouré par l'affection de ses proches mais confronté à l'absence de sa moitié. Si l'artiste âgé de 91 ans lui aussi s'était fait plus discret ces derniers temps, ayant fait ses adieux provisoires à la scène, c'est désormais une épreuve d'ordre privé, sans doute la plus difficile de son existence, qu'il doit traverser.
Quel rôle Rebecca a-t-elle joué dans la carrière de l'artiste ?
Pour comprendre l'ampleur de cette perte, il faut remonter le temps. Tout commence en 1957, dans les bureaux de la maison de disques Barclay. Pierre Perret n'est qu'un débutant et Simone est secrétaire. Leur première interaction est loin d'être romantique : une dispute éclate au sujet d'un remboursement de billet d'avion narrent nos confrères. C'est ce tempérament de feu qui séduit immédiatement le jeune chanteur, au point qu'il décide de la rebaptiser : Simone devient Rebecca. Dès lors, le rôle de Rebecca Perret muse et conseillère du chanteur devient central. Elle n'est pas seulement celle qui partage son lit, mais celle qui valide ses textes.
C'est elle, la première auditrice, la critique la plus redoutée et la plus écoutée. L'artiste ne s'en est jamais caché : "Rebecca m'a rendu plus intelligent. Elle est la première à entendre mes chansons et son avis compte énormément. Elle a souvent raison", confiait-il par le passé dans un documentaire. Elle gérait l'intendance, protégeait leur vie privée avec une main de fer et permettait au poète de garder la tête dans les nuages en assurant la stabilité sur terre.
60 ans de mariage : comment le couple a-t-il survécu au pire ?
Dans un milieu du show-business où les unions se font et se défont au rythme des saisons, la longévité de leur couple force l'admiration. C'est une véritable histoire d'amour qu'ils ont vécue, bâtie sur une complicité sans faille et une capacité à traverser les tempêtes. Car le bonheur affiché du "Pierrot" national cachait une cicatrice indélébile, un chagrin partagé que seule la solidité de leur couple a permis d'endurer.
En 1995, le ciel leur tombe sur la tête. Ils perdent leur fille Julie, décédée à l'âge de 32 ans, rappelle Purepeople. Ce drame familial reste l'épreuve absolue, celle dont on ne guérit jamais vraiment. "C’est la pire chose qui puisse arriver", avouait le chanteur au Figaro. Durant ces années sombres, c'est Rebecca qui a maintenu le cap, empêchant le navire familial de sombrer totalement. Elle était cette force tranquille, invisible mais indispensable, qui a permis à l'artiste de continuer à chanter la joie malgré la tristesse.
L'immense vide : que va devenir Pierre Perret à Nangis ?
C'est un ami proche du couple, le chanteur Jean-Marc Dermesropian, qui a levé le voile sur cette triste disparition via un message poignant sur Facebook. Ses mots résonnent aujourd'hui avec une justesse cruelle pour le veuf de 91 ans : "Il va t'en falloir du courage, cher Pierre, pour surmonter pareille épreuve", écrit-il, avant d'évoquer le décor de leur vie commune. Désormais, la maison de Nangis sans Rebecca pour Pierre Perret, cette demeure de Seine-et-Marne qui fut leur refuge loin de l'agitation parisienne, risque de paraître bien grande.
Alors que les fans envoient leurs condoléances, le silence de l'artiste est respecté. Si les confidences de Pierre Perret après le décès de sa femme se font attendre, c'est que la douleur est encore trop vive pour être partagée. L'heure est au recueillement pour celui qui a passé sa vie à donner de la tendresse aux autres, et qui doit aujourd'hui apprendre à vivre sans celle qui était sa source principale d'inspiration.