Nouveau drame en Suisse : l'auteur de l'incendie motel s'était échappé de l'hôpital

Publié par Matthieu Chauvin
le 12/03/2026
CarPostal
Istock
Le drame de Kerzers en Suisse, survenu le 01 mars 2026, a coûté la vie à cinq passagers d'un autobus après l'acte désespéré d'un sexagénaire en fuite, qui venait de s'échapper de l'hôpital. La piste terroriste est écartée.

L'effroi traverse les cantons helvétiques. Mardi 10 mars 2026, une tragédie d'une violence inédite a frappé la commune de Kerzers, soulevant une vague de stupeur et de colère au sein de la population suisse. Alors que cinq victimes collatérales ont perdu la vie en plus de celle de l'auteur des faits, les premiers éléments de l'enquête mettent en lumière une série de dysfonctionnements institutionnels alarmants. Le coupable n'aurait jamais dû se trouver à bord de ce véhicule de transport en commun.

Un bus transformé en piège de feu

Aux alentours de 18h0025, un sexagénaire a répandu de l'essence avant de s'immoler à l'intérieur d'un autocar de la compagnie CarPostal traversant le canton de Fribourg. La propagation extrêmement rapide des flammes a bloqué les issues et empêché toute tentative d'évacuation d'urgence. Le procureur du canton, Raphaël Bourquin, a révélé en conférence de presse que l’homme qui a déclenché l'incendie "est monté dans (le) bus avec des sacs dans les mains» et qu’«il s’est aspergé d’un produit inflammable et a mis le feu" relate Le Figaro.

Le bilan humain s'avère particulièrement lourd. Selon les informations transmises par les services d'intervention, l'incendie a entraîné la mort immédiate de l'assaillant ainsi que de cinq autres voyageurs. Plusieurs rescapés demeurent hospitalisés dans un état grave, souffrant de brûlures profondes et d'intoxications sévères dues aux fumées.

La brutalité de cet acte et le choix purement aléatoire des cibles ont plongé le pays dans un état de choc national. Les autorités soulignent qu'il s'agit de l'un des incidents les plus meurtriers enregistrés dans les transports publics suisses au cours de la dernière décennie.

Un "marginal perturbé", l'acte terroriste écarté

Les investigations en cours dessinent les contours d'une défaillance globale du système de surveillance. Le suspect, dont l'identité n'a pas été dévoilée et qui a été qualifié dans cette même conférence de presse de "marginal et instable", s'était soustrait à la garde d'un établissement hospitalier bernois le jour même, vers 13h00. Un délai de cinq heures s'est écoulé entre cette évasion et la mise à feu. La piste terroriste est ainsi définitivement écartée. Le procureur a précisé que le sexagénaire était cette fois hospitalisé pour des problème physiques, mais qu'il "avait vraisemblablement déjà fait des séjours» en psychiatrie."

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Durant cette longue période, l'individu a transité sans le moindre obstacle entre Berne et Kerzers. Les forces de l'ordre avaient pourtant été alertées à temps. "L'auteur présumé était inscrit au système de recherche RIPAS depuis la fin de matinée, suite à son départ non autorisé de l'hôpital", confirme le communiqué officiel de la Police cantonale fribourgeoise. Ce plus haut niveau d'alerte informatique n'a pas permis son interception préventive.

L'enquête rappelle que ce patient faisait l'objet d'un placement à des fins d'assistance (PLAFA). Régie par l'article 426 et les suivants du Code civil suisse, cette mesure de privation de liberté s'applique aux personnes présentant une dangerosité avérée pour elles-mêmes ou pour la société. Son profil clinique imposait un encadrement strict qui a visiblement cédé.

Des mesures de surveillance remises en question

Face à cette tragédie, la classe politique bernoise et fribourgeoise réclame des comptes immédiats. Une vive polémique cible la coordination entre le personnel soignant et les patrouilles de police. La presse locale relaie l'incompréhension générale, se demandant comment un fugitif sous alerte maximale peut emprunter les transports publics sur une telle distance en toute impunité.

L'événement ravive les débats sur la sécurisation des trains et des autocars régionaux. De nombreux usagers s'interrogent sur la nécessité d'intensifier les contrôles aléatoires, tandis que d'autres pointent du doigt les défaillances dans la prise en charge des pathologies psychiatriques lourdes.

Pour déterminer les responsabilités, le Ministère public annonce l'ouverture d'une enquête administrative. Celle-ci devra établir si le personnel hospitalier a tardé à signaler la disparition, évaluer la fiabilité du système national RIPAS en temps réel, et déterminer si le cadre actuel du PLAFA garantit réellement la protection des citoyens.

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