L'incendie d'un collège à Dijon était bien une vengeance des narcotrafiquants

Publié par Matthieu Chauvin
le 23/01/2026
Trafic de drogue
Istock
L’enquête sur l’incendie criminel du collège Champollion de Dijon a franchi une étape décisive jeudi 22 janvier 2026 avec la mise en examen de quatre mineurs recrutés par des narcotrafiquants sur les réseaux sociaux. Ils ont reconnu les faits et confirme que l'acte résultait d'un désir de représailles suite à des opérations de police menées dans le quartier.

Plus d'un mois après le sinistre qui a ravagé l'établissement dans la nuit du 12 au 13 décembre 2025, la police a interpellé un "commando" de jeunes suspects. Ces arrestations lèvent le voile sur une opération punitive commanditée par des trafiquants de drogue, illustrant une dérive inquiétante de la criminalité locale et ses répercussions directes sur l'éducation.

Un commando d'adolescents recruté sur les réseaux

Le 20 janvier dernier, grâce aux vidéos de télésurveillance pris le jour des faits, un vaste coup de filet mené dans l'agglomération dijonnaise a permis l'interpellation de cinq individus soupçonnés d'avoir déclenché l'incendie du collège Champollion à Dijon (un sixième. Outre une jeune femme de 27 ans sur laquelle on ne sait pour l'instant rien, quatre adolescents âgés de 15 à 17 ans ont rapidement admis leur implication face aux enquêteurs lors de leur garde à vue. Selon Dijon Actualités, le procureur de la République Olivier Caracotch a confirmé que "les mineurs ont reconnu leur participation aux faits." Aucun d'entre eux n'était scolarisé dans l'établissement visé et deux étaient déjà connus pour des affaires de stupéfiants.

Ces mineurs mis en examen pour destruction en bande organisée ont expliqué un mode opératoire glaçant : ils ont été enrôlés via des messageries cryptées comme Telegram ou Snapchat pour exécuter cette mission contre rémunération. Ce profil de délinquants, très jeunes et extérieurs à la structure scolaire, confirme la piste d'une main-d'œuvre volatile utilisée par le grand banditisme pour commettre des actions violentes sans s'exposer directement.

Une vengeance ciblée contre un symbole de l'État

Pour le parquet de Dijon, le mobile ne fait aucun doute : cet acte constitue une réponse violente aux opérations "Place nette" menées par les forces de l'ordre dans le quartier. D'après les informations rapportées par Libération, la pression policière avait permis de supprimer quatre des cinq points de deal identifiés dans la zone. Ces représailles des narcotrafiquants contre un établissement scolaire marquent une escalade dans la violence symbolique, visant une institution républicaine pour contester la reprise en main du territoire.

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L'enquête met en lumière une "ubérisation" du crime organisé. Le recrutement de jeunes pour le trafic de drogue sur les réseaux sociaux permet désormais aux têtes de réseau d'utiliser des "petites mains" vulnérables et extérieures au quartier pour commettre les basses œuvres. Les images de vidéosurveillance ont montré un groupe déterminé, n'hésitant pas à utiliser des bidons de produits inflammables pour provoquer une explosion et maximiser les dégâts matériels.

Des conséquences lourdes pour la scolarité et les accusés

Si l'enquête avance, les conséquences de l'incendie pour les collégiens de Dijon restent pesantes au quotidien. Bien que la rentrée ait pu s'effectuer le 5 janvier 2026, les 491 élèves étudient désormais dans des conditions précaires. Une partie des cours est assurée dans des bâtiments modulaires, tandis que les classes de troisième ont dû être délocalisées au lycée Gustave Eiffel, perturbant durablement l'année scolaire en cours.

Sur le plan judiciaire, la réponse est d'une grande fermeté. Trois des suspects ont été placés en détention provisoire, tandis que le plus jeune a été éloigné de la région et intégré à un centre éducatif fermé, précise Le Parisien. Face au traumatisme subi par la communauté éducative, les autorités ont annoncé un renforcement immédiat de la sécurité dans le quartier des Grésilles, avec davantage de patrouilles et de moyens de surveillance aux abords des lieux d'enseignement pour prévenir toute récidive.

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